Mon point d’étape publie.net




Quand François Bon a annoncé la création de publie.net, c’était accompagné d’un appel à contribution. Les années avec remue.net, celles passées, et celles à venir, ont forgé la conviction que le numérique était un espace littéraire déterminant, qu’il fallait œuvrer pour construire un espace exigeant et ne pas laisser la vague commerçante que l’on présentait prendre toute la place.

Les multiples expériences de François de remue.net au tiers livre en passant par Tumulte (ici et ici par exemple) et autres formes expérimentales aujourd’hui regroupées dans son tiers livre, les dialogues constants et multiples impliquaient presque naturellement la création de publie.net. Et donc une nouvelle aventure dans laquelle on était invité à embarquer. Ainsi dès 2008, deux textes proposés à François : le premier un récit proposé dès 2007, Au troisième étage alors que le manuscrit de Ce matin circulait encore et trouve refuge presque en même temps dans les mains de Juliette Joste (il faudrait désormais penser à une version numérique...). En 2008, j’ai proposé deux choses à François un essai regroupant quelques textes autour de la littérature contemporaine Littérature d’aujourd’hui. Cinq essais critiques et l’ouverture d’une collection d’essais sur publie.net intitulée "Art pensée & Cie" (la collection a aujourd’hui intégré la collection "Critiques & Essais" de publie.net pour une plus grande lisibilité d’ensemble mais cela ne change rien au projet et au travail éditorial. En faisant cette proposition à François, je savais que cela ne serait pas nécessairement simple : la réticence intellectuelle aux formes numérique, l’absence de reconnaissance symbolique (avec toute la part de construction et de fantasme que le terme et la mécanique supposent) et la non reconnaissance institutionnelle (qu’un chercheur aille dans son cv faire valoir une publication publie.net. Il y aurait à dire). Mais l’enjeu, comme dit précédemment, est bien proposer des textes exigeants et denses. Il y a eu les quelques réponses immédiates et enthousiastes. Et un long silence de beaucoup. Mais le travail a avancé avec le sérieux et la générosité des premiers auteurs qui nous ont fait confiance et confié ces textes.

Rappel :

Carole Boulbès





Christian Ruby





Jean-Paul Galibert





Michel Deguy





Après l’épisode d’un « coucou numérique », épisode lamentable qu’il vaut mieux finalement taire, il y a eu un moment de creux, creux des projets, impasse de quelques pistes, creux personnel...

Mais le travail de l’été passé pour préparer la publication du livre de Nicolas Thély aura permis de renouveler la confiance et la pertinence du projet. Lorsque Nicolas m’a proposé en mai ce texte, la cohérence des choix et du travail que j’avais entamé sur publie.net m’a paru évidente et a permis de reprendre le chemin des projets. Donc :

Nicolas Thély






Une fois un tunnel personnel achevé, j’espère fin avril, je pourrais avancer sur les nouveaux projets publie.net. Il y en a au moins cinq à ce jour, deux ou trois semblent plus avancés, ce qui est une très bonne chose et indique des évolutions dans les états d’esprits et dans le regard sur le numérique (aussi paradoxal que cela puisse paraître). A titre d’exemple personnel, je dois remettre fin juin un essai pour les Belles Lettres autour des relations entre art contemporain, cinéma et littérature. J’ai négocié sans difficulté et en bonne relation de conserver les droits numériques du volume. Cela signifie qu’il me faudra réfléchir à une version numérique de ce texte (que je n’envisage pas comme une version homothétique mais comme une version spécifique... donc un re-travail, une réécriture... il faudra que je propose cela à publie.net, par exemple).

Ce petit point semblait nécessaire ce matin après les soubresauts amers d’hier soir, ceux qu’ont essuyé publie.net et François. Nécessité donc d’affirmer mon parcours spécifique sur publie.net, à la fois comme auteur et comme éditeur, pour signifier ce qui se consolide et doit s’approfondir. A cette occasion, je remercie les auteurs publiés pour leur confiance, et invite ceux qui souhaiteraient proposer un texte à le faire. Cela semble évident mais cela va toujours mieux en le disant.



Et je n’ai encore rien dit du lecteur que je suis sur publie.net...




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Sébastien Rongier - 18 février 2012