Les essais publiés depuis 2006






Duchamp et le cinéma
Paris, Les Nouvelles éditions Place, collection « Le cinéma des poètes », septembre 2018.



Quatrième de couverture :
Marcel Duchamp a transformé les formes de l’art moderne avec des œuvres emblématiques comme Nu descendant un escalier ou Fontaine. Entre deux voyages, l’invention de ready-mades ou l’abandon de la peinture, celui qui aura fait de son emploi du temps une œuvre d’art, a encore le désir d’aller au cinéma.
Car Duchamp est un spectateur assidu. Comme la plupart de ses contemporains, il aime Charlot. Mais sait-on que l’auteur du Grand verre est également un acteur et un cinéaste, un bricoleur de formes cinématographiques et un inventeur d’une poésie de cinéma, notamment grâce à la figure de Rrose Sélavy, véritable star cinématographique de l’univers duchampien ? Au fil d’une existence voyageuse entre la France et les États-Unis, Duchamp multiplie les rencontres, les jeux d’influences et les expériences avec le cinéma.
Ses amitiés avec Francis Picabia, Man Ray, Hans Richter ou Henri-Pierre Roché, permettent de découvrir la traversée d’un siècle duchampien artistique et cinématographique, nous conduisant de Chaplin à Truffaut en passant par ses œuvres cinématographiques : auteur d’Anémic cinéma, acteur d’Entr’acte et de nombreux autres films, jusqu’aux images d’Andy Warhol. Ce que Duchamp sait faire mieux que quiconque, c’est de faire tourner le cinéma, y compris en rond.





Théorie des fantômes. Pour une archéologie des images
Paris, Les Belles Lettres, février 2016.


Quatrième de couverture :
Les fantômes sont partout : dans la littérature comme dans le cinéma, la photographie, la peinture, la philosophie, les sciences, la technologie et même dans notre vie psychique. Mais qu’est-ce qu’un fantôme ?
L’essai Théorie des fantômes tente d’offrir une réponse à cette question. Le fantôme est certes une figure de la peur, mais se pencher sur les formes de la revenance, c’est apprendre à penser les images et les formes artistiques. Envisager le fantôme comme mode de définition de l’image, c’est revenir aux sources culturelles de l’image (étymologies, formes artistiques, questions esthétiques et philosophiques).
Qu’est-ce qu’un fantôme ? Réponse qui, de Pline à Derrida, de Platon à Spinoza, de Poussin à Hippolyte Bayard, de Homère à Shakespeare, de Hitchcock à M. Night Shyamalan, de Botticelli à Mankiewicz, de Kubrick à Benjamin, d’Aristote à Boccace, de Dante à Oliveira de Barthes à Alain Cavalier, de Mesmer à Billy Wilder, de Proust au Général Instin, donne les contours esthétiques du fantomatique et des images en s’appuyant sur de nombreuses analyses littéraires, artistiques et cinématographiques. Cette hantise de la mort qui traverse les œuvres et la pensée nous permet d’envisager un acte esthétique fondamental, le fantôme.
Quelques compléments ici.


Cinématière. Arts et cinéma
Paris, Klincksieck, collection d’esthétique, février 2015.


Quatrième de couverture :
Dans les années 1990-2000, l’art contemporain a largement accueilli les images cinématographiques, à la fois comme citation, référence et expérimentation des formes. Cette période a vu éclore de nombreuses œuvres, d’importantes expositions aux quatre coins du monde.
Cinématière dresse la généalogie des conditions d’exposition de ces formes, des débats esthétiques et artistiques qui ont nourri cette relation entre cinéma et art contemporain. Cet essai offre une synthèse des relations du cinéma avec l’art contemporain mais aussi de la littérature d’aujourd’hui à partir du concept de cinématière pour comprendre la plasticité des matériaux esthétiques et les déplacements de l’idée d’image.
En s’appuyant sur de nombreux artistes et écrivains (de Pierre Huyghe à Eija-Liisa Ahtila, de Brice Dellsperger à Christoph Girardet ou Peter Tscherkassky, de Douglas Gordon à Vibeke Tandberg, de Tanguy Viel à Claro, d’Eric Rondepierre à Patrick Chatelier), l’essai explore l’expérience d’une génération, la replace dans une perspective historique et éclaire la place centrale d’Alfred Hitchcock dans nos représentations contemporaines.
Quelques compléments ici.


De l’ironie. Enjeux critiques pour la modernité
Paris, Klincksieck, collection d’esthétique, 2007.


Quatrième de couverture :
Elle a été socratique, rhétorique ou tragique. On en a fait un trait d’esprit, une forme de sarcasme ou de cynisme. On l’a dite douce ou mordante. On lui a donné des vertus politiques. Elle a revêtu l’ombre du sort avant de devenir une posture mondaine.
Tout est ironique. Tout peut le devenir à peu de frais. Tel livre, tel film, telle œuvre d’art, tel (bon) mot entouré d’œillades appuyées, tel rictus contenu mais tremblant à la commissure des lèvres, tout devient, ou est devenu ironie. C’est la posture de l’époque, l’estampillage facile qui désigne les nouvelles futilités du sens, l’alibi ou le vernis culturel d’une vacuité bientôt revendiquée.
Souvenons-nous de Socrate, premier écart d’une pensée qui déroute nos certitudes… Mais Platon veillait au grain et la philosophie a vite oublié cette forme de complexité. Dès lors le malentendu s’est installé… pour longtemps.
Ces avatars historiques et philosophiques n’ont pourtant pas épuisé toute l’énergie de l’ironie. L’ambition de ce livre est de retracer l’aventure philosophique de ce concept en reconsidérant ses enjeux critiques à partir de traits essentiels : l’invention d’un retard, un esprit de déplacement et de claudication, une certaine idée de l’écart et de la modernité, une inconciliation.
L’auteur porte ici le débat esthétique sur les images et le cinéma. En confrontant la dynamique ironique à la question du remake, il étend la critique aux industries culturelles. Contre les programmations du regard, l’ironie ouvre un chemin critique, à l’écart des habitudes.



Malgré le monde. Marie-Françoise Prost-Manillier
Lyon, Editions Fage, collection varia, 2006.


Publié à l’occasion de l’exposition lyonnaise de Malgré le monde, le texte est une exploration de l’installation de Marie-Françoise Prost-Manillier, et plus particulièrement de la vidéo au cœur du dispositif de la plasticienne. Elaborée autour du thème de la lettre et de l’envoi postal, l’analyse se concentre sur la vidéo montrant en plan fixe une boîte aux lettres, et captant le geste furtif de la lettre que l’on glisse et laisse filer vers son destin.
Le texte interroge le geste du dépôt mis en scène par l’installation et le film. Il s’agit dans ce moment de l’abandon du pli de faire lien avec le monde et d’ouvrir un vacillement fictionnel puisque la boîte postale, pensée comme camera obscura, s’inscrit dans un dispositif plus général : boîte jaune (postale), boîte noire (intérieur et cinéma) et boîte blanche (le White Cube du lieu d’exposition), ou comment faire tenir, le temps d’une exposition, le rêve d’une intériorité.



Sébastien Rongier - 27 juin 2018