Et Frédéric Boyer entre dans la danse...

Dans ce « Chantier Eurydice », les rencontres se multiplient.
Certaines sont imprévues (pas imprévisibles). Ainsi, passant dans une librairie, de découvrir, saisi, le dernier livre de Frédéric Boyer chez P.O.L, arrivant en cette rentrée de janvier 2009. C’est juste écrit Orphée dessus. Sang retourné, excitation et fébrilité au moment de l’ouvrir une fois le ticket de caisse dans la poche.

Cela commence comme ça :

« Un jour un homme descend aux enfers. Très bien. Il connaît comme moi le chemin par coeur. On ne va pas plus loin. »



Moi si. Alors je feuillette parce que je ne peux pas le lire là, maintenant. Mais tout de même, page 112 :

« Cet homme a dû se dire qu’on n’abandonnait pas une illusion une image une reproduction un fantôme (simulacrum). »



Voilà, on y est. Comme un clin d’œil vers l’autre chantier. Et l’envie de le lire vite ce livre.

Auparavant, le matin, en relisant « Le regard d’Orphée » de Blanchot dans L’espace littéraire, de relever page 226 cette phrase :

« Mais ne pas se tourner vers Erydice, ce ne serait pas moins trahir, être infidèle à la force sans mesure et sans prudence de son mouvement, qui ne veut pas Eurydice dans sa vérité diurne et dans son agrément quotidien, qui la veut dans son obscurité nocturne, dans son éloignement, avec son corps fermé et son visage scellé, qui veut la voir, non quand elle est visible, mais quand elle est invisible, et non comme l’intimité d’une vie familière, mais comme l’étrangeté de ce qui exclut toute intimité, non pas la faire vivre, mais avoir vivante en elle la plénitude de sa mort. »



Frédéric Boyer est dit-il quelque chose ? On va lire, on va lire, c’est sûr.
Et demain, à la BNF, ce sera Beckett et Poussin. Et cette question qu’on n’en finit pas de se poser : Poussin m’aide-t-il à voir Beckett (Film) ? Et Beckett m’aide-t-il à voir Poussin ?
Évidemment, aucune réponse ne sera apportée. Mais l’aventure continue vers Eurydice, vers le regard comme question.

Sébastien Rongier - 26 janvier 2009