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	<title>S&#233;bastien Rongier (Fragments)</title>
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		<title>S&#233;bastien Rongier (Fragments)</title>
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		<title>Psycho &#224; l'&#233;preuve du remake (le bel &#233;chec de Gus Van Sant)</title>
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		<dc:date>2021-12-03T13:16:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Sant, Gus van</dc:subject>
		<dc:subject>Hitchcock</dc:subject>
		<dc:subject>Rongier S&#233;bastien</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La Voix du Regard, num&#233;ro 18, &#171; &#171; Et re ! &#187; recyclage, reprise, retour &#187;, octobre 2005&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?rubrique74" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot111" rel="tag"&gt;Sant, Gus van&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;Hitchcock&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;Rongier S&#233;bastien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'avais tout simplement envoy&#233; une proposition de texte en r&#233;pondant &#224; l'appel &#224; contribution. &lt;i&gt;La Voix du regard&lt;/i&gt; &#233;tait une grande et belle revue, dense et ouverte... tellement ouverte qu'ils ont accept&#233; mon texte. C'est Anna Guill&#243; que je croisais de temps &#224; autres qui me l'avait annonc&#233;. Elle s'&#233;tait &#233;tonn&#233; de mon envoi direct via l'appel &#224; contribution. Je ne voulais pas la mettre mal &#224; l'aise s'il avait fallu le refuser. Le texte a paru... et en tr&#232;s belle compagnie. Et quand on retourne le volume, la quatri&#232;me de couverture est une sorte de clin d'&#339;il personnel.&lt;br/&gt;
Toujours est-il que ce texte appartient &#233;galement &#224; une autre &#233;poque. Mon regard sur le film de Gus Van Sant a beaucoup &#233;volu&#233;. Je m'en suis expliqu&#233; et l'on retrouve les &#233;l&#233;ments de cette r&#233;&#233;valuation dans mon livre sur Hitchcock &lt;a href=&#034;https://sebastienrongier.net/s4/spip.php?rubrique50&#034;&gt;&lt;i&gt;Alma a ador&#233;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Mais comme j'ai d&#233;cid&#233; de le faire, voici le texte initialement paru en 2005, sans ajout ni modification.
&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_873 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L360xH480/img_9377_-_copie-b7152.jpg?1750088795' width='360' height='480' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;preuve du remake &lt;/strong&gt; &lt;br/&gt; &lt;strong&gt;(le bel &#233;chec de Gus Van Sant) &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br/&gt; &lt;br/&gt; L'industrie cin&#233;matographique d&#233;veloppe largement de vastes strat&#233;gies de recyclage des images. Le remake est (souvent) un de ces m&#233;canismes esth&#233;tique et commercial d'effacement d'une &#339;uvre ant&#233;rieure par un appauvrissement et une indiff&#233;rence progressive du regard. L'instrumentalisation de l'acte mim&#233;tique, contrariant les circulations d'influences, fige le spectateur dans l'imm&#233;diatet&#233; d'une simple consommation. Cette logique commerciale de programmation des regards induit un basculement du sens dans le signe. L'image cin&#233;matographique, r&#233;duite au simple signe de la circulation marchande, implique moins un enjeu de connaissance ou d'exp&#233;rience esth&#233;tique qu'une fonction de reconnaissance.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; L'horizon de ces images est donc celui d'une reconnaissance consensuelle du connu et d'une consommation du toujours-semblable. Les sorties hebdomadaires nous invitent immanquablement &#224; voir de tels films et &#224; comprendre avec eux les enjeux id&#233;ologiques, &#233;conomiques et esth&#233;tiques des m&#233;canismes de l'industrie culturelle. Bien s&#251;r, on trouvera toujours quelques exemples fameux permettant de temp&#233;rer cette approche s&#233;v&#232;re. Et c'est justement dans les marges de ces m&#233;canismes que l'on voudrait envisager l'exp&#233;rience de Gus Van Sant avec &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; est un film d'Alfred Hitchcock qui a marqu&#233; l'&#233;volution du cin&#233;ma hollywoodien et celle de nombreux r&#233;alisateurs. Plus g&#233;n&#233;ralement, l'&#339;uvre d'Hitchcock exerce une tr&#232;s forte influence car elle se construit sur une incessante interrogation de l'image et sur une capacit&#233; &#224; produire ses propres marques de contestation de la repr&#233;sentation. De Brian de Palma &#224; Dominik Moll en passant par Dario Argento, Chabrol, Truffaut ou de nombreux autres cin&#233;astes, tous se sont confront&#233;s &#224; cette influence. Gus Van Sant tient une place aussi particuli&#232;re qu'&#233;trange dans ce panth&#233;on. Cin&#233;aste am&#233;ricain n&#233; en 1952, il a longtemps travaill&#233; dans un circuit cin&#233;matographique ind&#233;pendant. &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; est l'occasion de se confronter &#224; une forme particuli&#232;re de circulation et de recyclage des images. En effet, le r&#233;alisateur de &lt;i&gt;My Own Private Idaho &lt;/i&gt;(1991, USA) a con&#231;u un &#233;tonnant remake du film d'Hitchcock en tentant de se confronter &#224; la r&#233;p&#233;tition normative du remake et en cherchant &#224; contrarier cette forme r&#233;ificatrice&#8230; au c&#339;ur m&#234;me du remake. Son projet ? Envisager &#224; partir d'Hitchcock une image qui ne re-ferait rien et qui quitterait l'ordinaire de la duplication pour ouvrir un v&#233;ritable processus cr&#233;atif &#224; partir d'un mat&#233;riau cin&#233;matographique : &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Il ne s'agissait pas pour Gus Van Sant de simplement refaire au sens le plus commun des productions hollywoodiennes le &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; de 1960 tourn&#233; en noir et blanc. Gus Van Sant a voulu tourner en couleurs les m&#234;mes plans avec des com&#233;diens contemporains. Ce projet se situe entre deux autres films de Gus Van Sant qui se font &#233;cho : &lt;i&gt;Good Will Hunting&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Will Hunting&lt;/i&gt;, 1997, USA) et la variation sur th&#232;me &lt;i&gt;Finding Forrester&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;A la rencontre de Forrester&lt;/i&gt;, 2001, USA, film que l'on peut par ailleurs &#233;tudier en r&#233;f&#233;rence &#224; la construction spatiale de &lt;i&gt;Fen&#234;tre sur cour&lt;/i&gt;). Ce cin&#233;aste est donc attentif &#224; un processus de duplication envisag&#233; comme une forme d'exp&#233;rience. Mais il y a une contradiction surprenante entre l'audace du projet, la finalit&#233; avou&#233;e du r&#233;alisateur et les m&#233;canismes du remake. Gus Van Sant a voulu se confronter au remake en cherchant une solution artistique et pas seulement commerciale. En voulant travailler sur un aller et retour, il a cherch&#233; &#224; trouver une nouvelle interaction avec un public habitu&#233; au flux. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; L'&#233;tude du g&#233;n&#233;rique des deux films est assez significative. Si Gus Van Sant reprend la typographie et la construction du g&#233;n&#233;rique hitchcockien, c'est &#233;videmment la couleur (le vert) qui vient ici marquer une diff&#233;rence. On constate &#233;galement que la musique de Bernard Herrmann (adapt&#233;e par Dany Elfman) est plus rythm&#233;e, l&#233;g&#232;rement acc&#233;l&#233;r&#233;e pour l'oreille contemporaine. Mais ce jeu des sept erreurs serait vain s'il ne signifiait pas un affadissement de l'&#339;uvre originale au profit d'une forme contemporaine cod&#233;e qui annule les enjeux hitchcockiens.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Les premiers plans de la s&#233;quence initiale des deux films permettent de prolonger ces remarques. &lt;i&gt;Pyscho&lt;/i&gt; d'Hitchcock s'ouvre sur trois plans menant &#224; une chambre d'h&#244;tel dans laquelle deux amants semblent se rhabiller. Par un plan unique, le d&#233;but de la premi&#232;re s&#233;quence du film de Gus Van Sant passe de la description de la ville &#224; la chambre. Au-del&#224; des diff&#233;rences qui existent, c'est l'&#233;videment esth&#233;tique qu'elles contiennent qui doit &#234;tre interrog&#233;. Le panoramique descriptif (la ville de Phoenix, 1960) est poursuivi chez Hitchcock, apr&#232;s un l&#233;ger travelling, par un fondu encha&#238;n&#233; sur une fa&#231;ade d'h&#244;tel, puis un plan rapproch&#233; sur une fen&#234;tre dans laquelle on entre pour y voir des amants &#224; demi v&#234;tus. C'est la structure invers&#233;e de &lt;i&gt;Rear Window&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Fen&#234;tre sur cour&lt;/i&gt;, 1954, USA). Le film de 1954 commen&#231;ait par un travelling sortant par une fen&#234;tre pour d&#233;crire le d&#233;cor. &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; proc&#232;de par antith&#232;se en se concentrant sur l'univers int&#233;rieur. Le lien &#233;vident entre les deux films est pos&#233; par le dialogue entre Marion Crane et son amant : la question du mariage qui les occupe est &#233;galement la pierre angulaire de &lt;i&gt;Rear Window&lt;/i&gt; (de Jeffries &#224; Lisa en passant par Thorwald l'assassin). Par ailleurs, le souvenir &#233;rotique du soutien-gorge (la jeune danseuse que l'on voit au d&#233;but de &lt;i&gt;Fen&#234;tre sur cour &lt;/i&gt;mettre de dos son soutien-gorge) devient dans &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; un d&#233;tail structurant et symbolique. Du soutien-gorge blanc de d&#233;part au soutien-gorge noir ou sombre qu'elle met apr&#232;s le vol, les changements de sous-v&#234;tements d&#233;signent un &#233;tat int&#233;rieur et permettent de penser une v&#233;ritable &#171; morale &#187; du soutien-gorge chez Hitchcock. C'est avec le meurtre dans la salle de bain qu'Hitchcock fait vaciller cette structure. Marion Crane (interpr&#233;t&#233;e par Janet Leigh) va se doucher apr&#232;s avoir d&#233;cid&#233; de r&#233;parer son erreur, son &#171; &#233;garement &#187;. La voleuse, qui n'avait pas not&#233; son v&#233;ritable nom sur le registre du motel Bates, reprend son identit&#233; au cours de la conversation qu'elle a avec le jeune Bates (interpr&#233;t&#233; par Anthony Perkins). Elle dit son vrai nom au moment o&#249; elle envisage de se ressaisir. Elle d&#233;cide de retourner d&#232;s le lendemain rendre l'argent qu'elle a vol&#233;. Puis, avant de se coucher, elle va se doucher et se laver d'une journ&#233;e de profonde confusion. Elle retire ses v&#234;tements et son soutien-gorge. Elle se dirige dans la salle de bain. Le blanc de la fa&#239;ence et la nudit&#233; saturent la s&#233;quence d'un retour de la virginit&#233; ou plus exactement d'une contrition. Il s'agit de se laver pour faire amende honorable et pour retrouver un chemin moins tortueux que le vol et la fuite. Mais elle est regard&#233;e. Sans le savoir, Marion Crane a p&#233;n&#233;tr&#233; l'univers int&#233;rieur de Norman Bates, annulant finalement la tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'un retour en arri&#232;re et d'un pardon.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; La premi&#232;re s&#233;quence du film de Gus Van Sant efface ces aspects en concentrant ses intentions sur la forme et en litt&#233;ralisant le film de 1960. Il op&#232;re par des effets d'insistance, pr&#233;f&#233;rant l'&#233;poque contemporaine et ses clich&#233;s &#224; l'&#339;uvre d'Hitchcock. Outre la fluidit&#233; lin&#233;aire du plan de d&#233;part, il faut &#233;voquer la dissipation des enjeux &#233;rotiques : l'&#233;rotisme hitchcockien est remplac&#233; par une s&#233;rie de gros plans neutralisant le possible &#233;rotique, r&#233;duit &#224; un plan am&#233;ricain montrant les fesses de l'amant de Marion Crane. L'esth&#233;tique publicitaire &#224; laquelle c&#232;de Gus Van Sant d&#233;noue les enjeux de la version originale en la pastichant. Par ailleurs, divers effets d'insistance visuels (un tr&#232;s gros plan sur une mouche, d&#233;tail quasi pictural d'un plan du plateau-repas) ou sonores (le fond sonore &#8211; grincements de lits, r&#226;les &#8211; insistant sur l'h&#244;tel de passe et sur la situation du couple) soulignent cet aspect litt&#233;ral de la construction filmique. Gus Van Sant choisit de filmer par h&#233;licopt&#232;re la prise de vue initiale car, selon lui, Hitchcock n'avait pu le faire pour des raisons techniques. Cette convocation de l'argument technique est une des figures de la justification du remake. Mais en palliant l'impossibilit&#233; de l'&#233;poque, Gus Van Sant efface l'invention hitchcockienne. Car l'incipit d'Hitchcock s'inscrit pleinement dans une &#233;criture filmique articul&#233;e &#224; l'ensemble de ses films (notamment &lt;i&gt;Rear Window&lt;/i&gt;). Elle est ici neutralis&#233;e par l'effet de contemporan&#233;it&#233; qui contredit la teneur de v&#233;rit&#233; du mat&#233;riau de l'&#233;poque. Gus Van Sant le comprend par la suite.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;Ce film me posait le probl&#232;me de l'appropriation : prendre quelque chose en l'&#233;tat de quelqu'un, et le faire mien ; m'approprier un film d'Hitchcock, un de mes films pr&#233;f&#233;r&#233;s, en faire une copie. &#199;a aussi je me suis rendu compte que &#231;a ne marchait pas. Quand je dis que la copie ne marche pas, c'est qu'elle n'est pas aussi vibrante que l'original. J'ai pu comprendre en cours de route les diff&#233;rences profondes entre le travail d'Hitch et le mien : il y a quelques points communs, et des ab&#238;mes d'un autre c&#244;t&#233;. Le principal foss&#233; tient &#224; la relation aux personnages : lui en fait des objets soumis &#224; une &#233;norme tension, toujours croissante. Le public, alors, entre dans un rapport d'intensit&#233; &#224; distance avec les personnages. Dans mes films, au contraire, c'est comme si je devenais moi-m&#234;me le personnage, et le public s'identifie &#224; lui de mani&#232;re diff&#233;rente. M&#234;ler ce regard sur les personnages, le mien, avec un autre genre de mise en sc&#232;ne, celle d'Hitchcock, revient presque &#224; &#171; annuler &#187; le film. &lt;/i&gt;(1){}&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; C'est pourtant la couleur qui reste un enjeu essentiel de la version de Gus Vant Sant. L'id&#233;e n'est pas celle d'une colorisation arbitraire de la version originale mais d'un travail de saturation de cette couleur jusqu'au patchwork (la chambre de Marion film&#233;e par Gus Van Sant est de ce point de vue exemplaire). Anna Heche qui reprend le r&#244;le de Marion Crane apr&#232;s Janet Leigh, appara&#238;t &#233;galement &#224; l'&#233;cran en sous-v&#234;tements. Mais le choix de couleur vient annuler les inventions hitchcockiennes. Le soutien-gorge est orange, la culotte est fuchsia. La robe et sa veste sont d'un rose &#233;clatant au d&#233;but du film. Apr&#232;s le vol, Crane-Heche porte des sous-v&#234;tements verts, annulant l'argument &#171; moral &#187; d&#233;velopp&#233; par Hitchcock. Gus Van Sant, par cette saturation de couleur, s'inspire ouvertement du travail et de la d&#233;marche de Warhol (les multiples des s&#233;rigraphies et les jeux de couleurs&#8230;). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Si on peut trouver le r&#233;sultat d&#233;cevant, cette forme d'appropriation n'efface objectivement pas l'image de 1960, mais elle en neutralise le sens dans le film de 1999. L'application cin&#233;matographique de l'interrogation Pop de l'image publicitaire ou culturelle montre au contraire la r&#233;sistance de l'&#339;uvre cin&#233;matographique. &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; (1999) est un film difficile &#224; voir car il est crypt&#233; et ratur&#233; par des images qui ne lui appartiennent pas. Ne r&#233;ussissant pas &#224; instaurer une autre image (la conversion mim&#233;tique de d&#233;part), le film de Gus Van Sant n'efface pas le souvenir de l'original et objective une &#171; forme d'impuissance &#187;. Le film reste prisonnier d'une esth&#233;tique de la photocopie iconique h&#233;rit&#233;e de Warhol et ne r&#233;ussit pas &#224; d&#233;faire les m&#233;canismes li&#233;s au remake. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; d'Hitchcock semble donc r&#233;sister &#224; une assignation &#224; dispara&#238;tre ou &#224; sagement devenir une strate de l'arch&#233;ologie cin&#233;matographique recycl&#233;e dans l'effacement g&#233;n&#233;ral de la m&#233;canique de l'industrie culturelle. Gus Van Sant s'est confront&#233; au mat&#233;riau filmique d'Hitchcock en pensant avoir affaire &#224; une mati&#232;re stabilis&#233;e par l'histoire du cin&#233;ma. L'exp&#233;rience du r&#233;alisateur d'&lt;i&gt;Elephant&lt;/i&gt; ne semble pas venir &#224; bout du film d'Hitchcock. Ce n'&#233;tait d'ailleurs pas son projet. C'est en revanche celui qui d&#233;termine les m&#233;canismes du remake. Le &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; de Gus Van Sant plonge dans cette contradiction sans parvenir &#224; la surmonter et devient une sorte de film fant&#244;me, un film toujours d&#233;j&#224; l&#224;, une fausse pr&#233;sence hant&#233;e par la m&#233;moire d'un autre, d'un non v&#233;cu. Il y a donc un effet d'effacement qui se met en place avec le film de 1999.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; L'effacement est par exemple nettement perceptible avec l'embl&#233;matique s&#233;quence de la douche. Alors qu'en 1960, Hitchcock, utilisait un rideau simplement opaque qui dessinait l'ombre du tueur travesti s'avan&#231;ant, la version de 1999 s'appuie sur un proc&#233;d&#233; qui supprime l'effet hitchcockien. Le rideau utilis&#233; par la mise en sc&#232;ne de Gus Van Sant dessine un kal&#233;idoscope et forme une diffraction de l'ombre. L'image, connue et attendue, n'a plus besoin d'&#234;tre pr&#233;sente. Cit&#233;e dans son effacement, elle devient une variation oublieuse et m&#233;connaissable. L&#224; o&#249; l'ombre induisait une tension, la fragmentation la disloque pour cr&#233;er un unique effet de surprise. La construction filmique du meurtre est elle-m&#234;me d&#233;voy&#233;e malgr&#233; l'intention de loyaut&#233; du r&#233;alisateur contemporain. Gus Van Sant semble beaucoup plus se souvenir des influences hitchcockiennes sur Dario Argento que d'Hitchcock lui-m&#234;me. Le sang surajout&#233;, le travail sur le ralenti, l'image heurt&#233;e et les plans symboliques de ciels nuageux et tourment&#233;s d&#233;signent l'esth&#233;tique du r&#233;alisateur italien, non celle du metteur en sc&#232;ne anglo-saxon. Par ailleurs, la contre-plong&#233;e ajout&#233;e (qui reprend et prolonge la contre-plong&#233;e hitchcockienne depuis la pomme de douche) soulignant l'agonie de Marion, participe de la litt&#233;ralisation. Gus Van Sant &#233;voque d'ailleurs avec une grande acuit&#233; cette conscience d'une r&#233;p&#233;tition normalisatrice induite par le remake&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;Si mon &lt;/i&gt;Psycho&lt;i&gt; avait &#233;t&#233; un triomphe commercial, alors les studios auraient vu exauc&#233; leur d&#233;sir profond : trouver la bonne recette, &#233;tablir la formule du succ&#232;s qui permette de refaire toujours le m&#234;me film et remporter toujours le m&#234;me triomphe. D'une certaine mani&#232;re, tourner &lt;/i&gt;Psycho&lt;i&gt; &#233;tait une blague (practical joke) faite aux studios pour leur d&#233;montrer par l'absurde la nature de leur d&#233;sir profond.&lt;/i&gt; (2)&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; Avec l'&#233;chec de &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt;, Gus Van Sant a rendu plus visible encore les m&#233;canismes de la neutralisation commerciale et id&#233;ologique du travail artistique. Il est aujourd'hui proprement ironique de voir que, se retirant du syst&#232;me hollywoodien pour retrouver sa ville de Portland et une certaine forme de libert&#233; esth&#233;tique, Gus Vant Sant a d'abord r&#233;alis&#233; &lt;i&gt;Gerry&lt;/i&gt; (2002, USA), un film profond&#233;ment abstrait, puis &lt;i&gt;Elephant&lt;/i&gt;, un film produit par (et initialement pour) la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision am&#233;ricaine HBO, &#339;uvre qui a remport&#233; une palme d'or au festival de Cannes en 2003. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; de Van Sant demeure donc une &#339;uvre singuli&#232;re et mal ais&#233;e, p&#233;trie jusqu'&#224; l'immobilit&#233; de ses propres contradictions : ni remake, ni faux remake, il est un entre-deux du film conduisant &#224; penser l'impossibilit&#233; du remake au sens strict. Peut-&#234;tre est-ce la contradiction entre une d&#233;marche artistique exigeante et des imp&#233;ratifs &#233;conomiques (et id&#233;ologiques) qui conduit Gus Van Sant dans une telle impasse. Envisager l'image fantomatique du remake de &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt;, c'est renvoyer le film de Gus Van Sant &#224; un statut de spectre, c'est-&#224;-dire un film d'une crise narcissique et d'une r&#233;gression du regard &#224; un toujours d&#233;j&#224;-vu absorbant et impliquant l'absence de toute distanciation et de toute lat&#233;ralit&#233;. Jean Lauxerois rappelle que la crise narcissique est un danger de la culture (3) car elle constitue, &#224; partir d'une s&#233;paration du monde ou d'un repli, un enferment dans l'identique. &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; de Gus Van Sant est un remake qui reproduit le m&#234;me sans jamais pouvoir explorer sa propre diff&#233;rence. Il n'est pas capable d'entrer dans les lat&#233;ralit&#233;s hitchcockiennes car la litt&#233;ralisation implique un effacement des subtilit&#233;s pour une &#233;vidence programmatique du regard. En ce sens, l'ajout explicite par Gus Vant Sant de la masturbation de Bates regardant par le trou du mur Marion Crane se d&#233;shabiller est doublement significatif. Le sous-entendu hitchcockien est litt&#233;ralis&#233;. Cet ajout caract&#233;ristique souligne l'absence de distanciation face au sujet. D'autre part, cette proth&#232;se cin&#233;matographique, si elle &#233;voque un enjeu du film d'Hitchcock (la violence narcissique), se retourne et se disloque dans la forme m&#234;me du film de Gus Van Sant par un &#233;puisant trait &#233;paissi. L'espace mental d&#233;velopp&#233; &#224; partir de l'organisation de l'espace chez Hitchcock s'explicite dans la mise en sc&#232;ne de Gus Van Sant pour n'&#234;tre qu'une instance de reconnaissance du connu. Ce qui pourrait faire diff&#233;rence n'est donc l&#224; que pour produire une normalisation. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Peut-&#234;tre l'&#233;chec de Gus Van Sant &#233;tait-il d&#233;j&#224; inscrit dans le film d'Hitchcock. &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt;, l'autre grand film du voyeurisme apr&#232;s &lt;i&gt;Rear Window&lt;/i&gt;, est &#233;galement un film sur les faussaires. Marion Crane, avant d'&#234;tre assassin&#233;e sous sa douche, n'est-elle pas dans la fausset&#233;, le mensonge, le vol, malgr&#233; son d&#233;sir de r&#233;demption ? La schizophr&#233;nie de Norman Bates le conduit d'une fausse identit&#233; &#224; une identit&#233; multiple. Le faussaire qui veut &lt;i&gt;refaire&lt;/i&gt; sa m&#232;re s'ab&#238;me dans un puits sans fond comme un remake de &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; &#233;chouerait &#224; &#233;merger.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; Quelques mots tout de m&#234;me de l'art contemporain o&#249; l'on trouve un travail et une r&#233;flexion particuli&#232;rement dense sur ces enjeux autour &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; et d'un mat&#233;riau cin&#233;matographique. C'est peut-&#234;tre l'artiste contemporain Douglas Gordon, et sa vid&#233;o &lt;i&gt;24 hour Psycho&lt;/i&gt;, qui nous apprend par un travail de ralenti &#224; dilater le visible et le temps de l'image cin&#233;matographique en renversant paradoxalement la litt&#233;ralisation. En 1993, sur un &#233;cran (3x4 m) suspendu au plafond et visible des deux c&#244;t&#233;s de la surface, on pouvait voir une projection particuli&#232;re de &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; d'Hitchcock. La projection dure 24 heures et montre le film d'Hitchcock au ralenti et sans aucun son.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Dilater le temps, c'est bien ce que Douglas Gordon fait avec &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt;. L'installation vid&#233;o offre au spectateur un autre rapport &#224; l'&#339;uvre d'Hitchcock mais aussi &#224; l'image ainsi qu'&#224; l'espace et au temps de projection. Douglas Gordon fragmente la totalit&#233; par la totalit&#233;, r&#233;ussissant le tour de force de contraindre la lin&#233;arit&#233; cin&#233;matographique sans pour autant l'an&#233;antir. Il ne s'agit plus de voir la totalit&#233; lin&#233;aire d'une histoire, mais de voir l'image par une fragmentation temporelle qui contrarie le flux et l'imm&#233;diatet&#233; gr&#226;ce &#224; cet &#233;tirement. Alors que l'on envisageait une disparition de l'image dans le film de Gus Van Sant, tant elle &#233;tait satur&#233;e par le film d'Hitchcock, on peut penser qu'elle appara&#238;t au contraire dans le film de Douglas Gordon. Car ce que le cin&#233;ma n'investit pas assez, c'est le nouveau rapport &#224; l'image, imagin&#233; par l'art contemporain. Douglas Gordon ne rend pas lisible l'image, il la rend visible dans l'&#233;cart m&#234;me qu'elle produit dans sa r&#233;ception. En d&#233;jouant la logique d'analyse du cin&#233;matographique, il donne une autre appr&#233;hension du film et de son image, ainsi que de l'image comme instance de l'art contemporain et de l'espace dans lequel s'inscrit cet art. &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; appara&#238;t dans &lt;i&gt;24 Hour Psycho&lt;/i&gt; en laissant entrevoir un impens&#233;. Gr&#226;ce au ralenti, Douglas Gordon fait douter de la m&#233;moire des images que l'on a. Il met &#224; l'&#233;cart toute le&#231;on pour ouvrir sur des effets d'incertitude. Le travail de Gordon apprend &#224; m&#233;conna&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; On pourrait d'autre part soumettre &#224; l'analyse quelques limites formalistes de l'art contemporain dans son rapport au cin&#233;ma&#8230; et plus particuli&#232;rement dans son rapport &#224; &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt;. Avec Christoph Draeger, la transformation d'une circulation de sens devient un proc&#233;d&#233; de composition. S'il s'approprie des images cin&#233;matographiques et semble interroger les ph&#233;nom&#232;nes de reproduction, la litt&#233;ralisation qui d&#233;termine son activit&#233; finit par limiter la proposition. En 2003, Christoph Draeger reprend le mat&#233;riau filmique de &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; et &#233;labore &lt;i&gt;Schizo&lt;/i&gt;. Cette vid&#233;o de 2003 s'appuie sur la c&#233;l&#232;bre s&#233;quence de la douche. Il superpose les images d'Hitchcock en noir et blanc aux images en couleurs de Gus Van Sant. Reposant la question du double et du remake, Christoph Draeger combine les deux images puisque l'une est sens&#233;e &#234;tre la reproduction de l'autre. Si le travail de l'artiste souligne les limites de l'exp&#233;rience de Gus Van Sant, on peut se demander si la logique de prolongement n'est pas anim&#233;e par quelque vanit&#233; formaliste ou ornementale. Christoph Draeger litt&#233;ralise la d&#233;marche de Gus Van Sant. La superposition ne fait que reposer la question envisag&#233;e par Van Sant. L&#224; &#233;tait, paradoxalement, la grande r&#233;ussite de l'&#233;chec du remake de &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; : envisager un double questionnement sur l'image et sur le cin&#233;matographique. Christoph Draeger semble penser que la superposition des images des deux films prolonge l'interrogation alors qu'elle r&#233;duit les dimensions de l'&#233;chec de Gus Van Sant. Draeger r&#233;duit la d&#233;marche artistique &#224; un formalisme vide, ce que Douglas Gordon avait suspendu en introduisant une tension qui impliquait une proximit&#233; troublante et un &#233;loignement radical de l'&#339;uvre d'Hitchcock. L'&#233;puisement de la cr&#233;ation que semble revendiquer le travail de Draeger se perd pourtant dans le proc&#233;d&#233; d'une superposition devenant son unique enjeu. Les surfaces d'images combin&#233;es de Draeger &#233;voquent une tendance artiste contemporaine pour qui la litt&#233;ralisation la plus stricte tient lieu de mise &#224; distance et de critique&#8230; renvoyant peut-&#234;tre au souvenir mal compris d'un geste duchampien qui ne tiendrait plus compte des enjeux esth&#233;tiques en cause. La confrontation formelle d'une s&#233;quence (m&#234;me embl&#233;matique) a ensuite &#233;t&#233; syst&#233;matis&#233;e par Draeger puisqu'en 2004, il pr&#233;sentait &lt;i&gt;Schizo (Redux)&lt;/i&gt;, version int&#233;grale des deux films superpos&#233;s. Cette mise en abyme de l'&#233;puisement n'est que le signe entropique suppl&#233;mentaire d'une transformation d'un principe en proc&#233;d&#233; de composition. Il reste que cette expression concr&#232;te et appliqu&#233;e de Draeger pour souligner la pr&#233;sence fant&#244;male des images hitchcockiennes dans le film de Gus Van Sant ne dit finalement rien de la teneur id&#233;ologique de l'implication formelle. Si ce travail de Draeger ne dit finalement rien de la m&#233;canique id&#233;ologique inscrite dans le remake, c'est peut-&#234;tre parce que sa litt&#233;ralisation formaliste implique elle-m&#234;me un appauvrissement.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Malgr&#233; les r&#233;serves exprim&#233;es sur le prolongement stylistique de Christoph Draeger, la richesse et l'importance d&#233;terminante du dialogue entre le cin&#233;ma et l'art contemporain semblent bien &#234;tre un espace qui propose une v&#233;ritable alternative critique aux formes du remake et de la programmation du regard. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; (1) Gus Van Sant, &#171; Je suis comme Colombo, je fais semblant de ne pas savoir &#187;, entretien avec Olivier Joyard et Jean-Marc Lalanne, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt;Les Cahiers du cin&#233;ma, n&#176; 579, mai 2003, p. 24.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; (2) Ibidem, pp. 22-24.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; (3) Jean, Lauxerois, &lt;i&gt;De l'art &#224; l'&#339;uvre&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, collection Esth&#233;tiques, 1999, pp. 11-12.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L360xH480/img_9378_-_copie-a489f.jpg?1750088795' width='360' height='480' alt='' /&gt;
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