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	<title>S&#233;bastien Rongier (Fragments)</title>
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		<title>S&#233;bastien Rongier (Fragments)</title>
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		<title>L'ange de la photographie ou la possibilit&#233; du fant&#244;me dans L'Etrange affaire Ang&#233;lica de Manoel de Oliveira</title>
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		<dc:date>2021-12-03T22:35:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Oliveira, Manoel de</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Rongier S&#233;bastien</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cahier des ailes du d&#233;sir, num&#233;ro 22, mars 2014&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot117" rel="tag"&gt;Oliveira, Manoel de&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;Rongier S&#233;bastien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Grand plaisir d'&#233;crire pour cette revue destin&#233;e aux enseignants de cin&#233;ma du secondaire. Mais voil&#224; que je ne retrouve qu'une version r&#233;duite de mon texte publi&#233;e. Je mets cette version r&#233;duite en ligne et le pdf complet du texte dessous.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_906 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L137xH192/cahier_ailes_du_de_sir-a588f.jpg?1750687335' width='137' height='192' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;L'Etrange affaire Ang&#233;lica&lt;/i&gt; (2010) de Manoel de Oliveira, un fant&#244;me apparaitrait au jeune photographe Isaac. Nuitamment appel&#233; &#224; photographier une jeune femme qui vient de mourir, il la voit &lt;i&gt;revivre&lt;/i&gt; ou peut-&#234;tre &lt;i&gt;revenir&lt;/i&gt;. Le jeune homme fragile et tourment&#233; semble vivre dans un autre temps, une autre &#233;poque. Sa tenue vestimentaire, ses lectures, son appareil photographique le mettent en marge de son temps et de ses contemporains. Le film de Oliveira multiplie les flottements du temps pour intensifier le sens et la fracture temporelle dans laquelle se situe Isaac. Des craquements de la veille radio qu'il r&#233;pare au d&#233;but du film aux ouvriers agricoles qu'il photographie (ces travailleurs de l'ancienne mode indique la logeuse), Isaac n'appartient &#224; son temps. Logiquement, il tombe amoureux d'une morte, lui qui est obs&#233;d&#233; par l'id&#233;e de l'ange. Peut-&#234;tre est-ce l&#224; l'h&#233;ritage de son nom ? La vie du fils d'Abraham n'est-elle pas sauv&#233;e &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt; par l'ange qui arr&#234;te le geste du p&#232;re ? Le motif de l'ange est r&#233;current tout au long du film : c'est la reproduction d'une gravure sur le livre ouvert ; c'est le po&#232;me de Jos&#233; R&#233;gio lu au d&#233;but du film et r&#233;cit&#233; devant la chapelle de la famille d'Ang&#233;lica ; c'est bien s&#251;r le nom de la morte, la nature ses apparitions mais aussi les propos des jeunes filles pench&#233;es sur le cercueil durant les fun&#233;railles : &#171; Elle ressemble &#224; un ange c&#233;leste &#187;. Obs&#233;d&#233; par une certaine perfection atemporelle, Isaac est litt&#233;ralement hant&#233; par l'image de cette femme au point de voir en elle un amour absolu qui finira par le consumer. Et c'est dans la mort que les deux amants impossibles se retrouveront pour l'&#233;ternit&#233; d'un amour parfait. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Qui est Ang&#233;lica ? Quelle est sa nature ? Elle est un fantasme, c'est-&#224;-dire la forme la plus intime du fant&#244;me, celle qui se forme dans la t&#234;te. Mais quelle que soit sa forme de visibilit&#233;, c'est une image. Les six apparitions d'Ang&#233;lica sont toutes diff&#233;rentes mettent en jeu les questions de plan subjectif, de rupture chromatique, de place du spectateur et mise en sc&#232;ne du regard. Trois d'entre elles ont un rapport intense &#224; la photographie et toutes finissent par mettre en sc&#232;ne un rapport (peut-&#234;tre) nostalgique d'Oliveira avec un cin&#233;ma primitif aux effets sp&#233;ciaux po&#233;tiques et surann&#233;s. L'ad&#233;quation profonde du photographique avec le fantomatique ainsi que la nature anthropologique de la photographie post-mortem, font de ce film d'Oliveira un manifeste vibrant du cin&#233;ma comme lieu des morts. Il n'y a pas dans &lt;i&gt;L'Etrange affaire Ang&#233;lica&lt;/i&gt; de photographie spirite. On peut en revanche saisir dans sa mise en sc&#232;ne les s&#233;diments de cette photographie spirite. Oliveira met en sc&#232;ne le paradigme scopique par le fantasmatique. Il invente une logique spirite par le cin&#233;matographique (le surgissement du mouvement dans le photographique, le passage du photographique au photogrammatique comme mise en sc&#232;ne du fantomatique). Il utilise &#233;galement cette question technologique essentielle au fantomatique, &#224; savoir la surimpression. L'accident technique devient avec les spirites une technologie de l'apparition. Elle est au cin&#233;ma (du premier cin&#233;ma aux formes num&#233;riques les plus contemporaines) une technique du fantomal. Oliveira rejoue le motif de la surimpression du premier cin&#233;ma&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est en cela tr&#232;s proche du film de Philippe Garrel Les Fronti&#232;res de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; comme pour se rapprocher d'une temporalit&#233; du cin&#233;ma &#224; laquelle il appartiendrait et qui n'existerait peut-&#234;tre &lt;i&gt;d&#233;j&#224; &lt;/i&gt;plus, faisant alors d'Ang&#233;lica et &lt;i&gt;d'Angelica &lt;/i&gt;un biograph&#232;me d'Oliveira lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; La premi&#232;re apparition du fant&#244;me est mise en sc&#232;ne par le photographique. Le point de vue est celui de l'&#339;il d'Isaac et de son appareil. Il doit photographier une morte, une jeune femme, Ang&#233;lica. La question photographique est pos&#233;e par la lumi&#232;re : Isaac fait changer l'ampoule pour avoir une meilleure lumi&#232;re. Voir un fant&#244;me est une question de lumi&#232;re et une affaire de technologie de l'image. La mise en sc&#232;ne le confirme par le passage du plan d'ensemble d'Isaac cadrant au cadre de l'appareil photographique avec un jeu sur la mise au point. Passage du trouble au net : Isaac rend visible la disparue pour la photographie, et r&#233;v&#232;le un fant&#244;me. C'est en cadrant le visage de la morte qu'il voit soudain ses yeux s'ouvrir et ses l&#232;vres lui sourire. Le plan est structur&#233; par le cadre de l'appareil argentique. Isaac voit par le viseur une autre r&#233;alit&#233;. Le plan subjectif est m&#233;diatis&#233; par l'appareil photographique. L'apparition du fant&#244;me devient donc une affaire d'image et de subjectivit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Ce sera encore par le d&#233;veloppement photographique (&#171; l'inscription d'une chimie de la lumi&#232;re sur un support photosensible &#187;) qu'Isaac verra une deuxi&#232;me fois Ang&#233;lica, ou plus exactement, fera appara&#238;tre son &lt;i&gt;fantasme&lt;/i&gt; amoureux (si l'on veut entendre ici que &lt;i&gt;fantasme &lt;/i&gt;signifie d'abord image et fant&#244;me). Apr&#232;s le tirage photographique, Isaac fait s&#233;cher dans sa chambre les images d'Ang&#233;lica. Toutes les autres apparitions d'Ang&#233;lica auront lieu dans la chambre d'Isaac, l'espace int&#233;rieur devenant espace de fantasme &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; espace photographique. La troisi&#232;me photo accroch&#233;e s'anime : la morte ouvre les yeux et sourit de nouveau. La stupeur d'Isaac est tr&#232;s vite &#233;vapor&#233;e lorsqu'il tourne son regard vers la colline et donc d'autres images &#224; faire : celle d'un autre monde en disparition (les ouvriers agricoles et Ang&#233;lica sont la m&#234;me chose : deux formes de disparition &#224; photographier). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; La troisi&#232;me apparition intervient de nuit. L'homme dort. Le plan est pris depuis un miroir (cf. &lt;i&gt;Shining&lt;/i&gt;). Isaac se r&#233;veille, se l&#232;ve et regarde une photographie. Ang&#233;lica appara&#238;t en arri&#232;re-plan avec tous les attributs classiques du fant&#244;me : forme translucide, vaporeuse en noir et blanc. Lorsque les deux entit&#233;s oppos&#233;es se retrouvent (le vivant et la morte), le vivant s'annule : le changement de r&#233;gime chromatique induit l'entr&#233;e d'Isaac dans le monde d'Ang&#233;lica et rend possible un voyage po&#233;tique et amoureux. La question technologique rev&#234;t une importance cin&#233;matographique : Oliviera tourne le dos aux effets sp&#233;ciaux qui cherchent un r&#233;alisme. Il pr&#233;f&#232;re une distance po&#233;tique qui renvoie l'image au cin&#233;ma primitif avec le r&#244;le de la surimpression et une fausse na&#239;vet&#233; assum&#233;e. Oliviera travaille depuis le cin&#233;ma et depuis le r&#234;ve et le fantasme. La fin de l'extrait r&#233;v&#232;le qu'il s'agissait d'un r&#234;ve, Isaac se r&#233;veille en sursaut, le miroir renvoyant au th&#232;me du double de la r&#233;alit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; La quatri&#232;me apparition est li&#233;e &#224; un nouveau r&#233;veil dans la nuit apr&#232;s un r&#234;ve agit&#233;. Isaac se l&#232;ve et regarde les photographies m&#233;langeant ouvriers agricoles et Ang&#233;lica. Lorsqu'il regarde son image, elle appara&#238;t dans l'embrasure de la porte-fen&#234;tre alors qu'il est retourn&#233;. C'est une forme en couleur qui dispara&#238;t d&#232;s qu'il se retourne. Elle clignote. Le spectateur peut alors voir le processus du fantasme produisant une image. Le processus d'obsession amoureuse (d&#233;voration fantasmatique autour de la figure de l'ange) s'accomplit. Lors de la cinqui&#232;me apparition, la chambre est en noir et blanc, l'espace est contamin&#233; par le fantasme. La question est d&#233;sormais celle de la place d'Isaac : est-il du c&#244;t&#233; du vivant ou de la morte, de la couleur ou du noir et blanc (les couleurs n'&#233;tant jamais tranch&#233;es ou vives dans le film) ? Il ne peut plus rejoindre Ang&#233;lica. Elle est invisible &#224; son regard lors de l'apparition pr&#233;c&#233;dente, et intouchable dans cet espace de la chambre. Isaac l'exp&#233;rience de la v&#233;rit&#233; du fant&#244;me, celle d'une image &#233;vanescente qu'on ne peut toucher (et ce, depuis Hom&#232;re). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; La derni&#232;re apparition r&#233;v&#232;le la r&#233;alit&#233; du parcours d'Isaac, celle d'un homme qui agonise dans un monde qui n'est plus le sien, ou qui ne l'a peut-&#234;tre jamais &#233;t&#233;. Isaac rejoint &#224; la fin du film les morts. Mais d'une certaine mani&#232;re, Isaac vivait au milieu des morts depuis toujours, l'apparition d'Ang&#233;lica &#233;tant seulement l'actualisation d'un fantasme.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_908 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://sebastienrongier.net/IMG/pdf/3._oliveira_ailes_du_de_sir_-_copie.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 21.4 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1773078898' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est en cela tr&#232;s proche du film de Philippe Garrel &lt;i&gt;Les Fronti&#232;res de l'aube&lt;/i&gt;, film de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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