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	<title>S&#233;bastien Rongier (Fragments)</title>
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		<title>S&#233;bastien Rongier (Fragments)</title>
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		<title>Imaginaire du Slasher</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Rongier S&#233;bastien</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un article paru dans La Septi&#232;me obsession &#034;Slasher&#034; (janvier 2021)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?rubrique58" rel="directory"&gt;2021&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1651 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/jpg/7eme_slasher.jpg?1768586020' width='500' height='665' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lendemains d'&#233;ternit&#233;&lt;br/&gt;
Le slaher au d&#233;fi de la r&#233;p&#233;tition&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accordons nos violons ! C'est bien Bernard Herrmann qui met en musique le geste infini de l'assassin. La musique qu'il pose sur la s&#233;quence de la douche dans &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt; (1960) d'Alfred Hitchcock, &#233;tablit la violente ritournelle du slasher. L'agression au couteau, la r&#233;p&#233;tition syst&#233;matique du mouvement de l'arme sur les corps innocents fixe le &lt;i&gt;topos&lt;/i&gt; cin&#233;matographique du genre. Cependant cet enracinement du st&#233;r&#233;otype, ce lieu commun devient un mod&#232;le pour les films, une recette commerciale et bient&#244;t un &lt;i&gt;business model&lt;/i&gt;.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie de la r&#233;p&#233;tition qu'ailleurs et en d'autres temps Jean-Louis Baudry ou Jean-Fran&#231;ois Lyotard ont formalis&#233; en terme de processus psychique et id&#233;ologique, s'est impos&#233;e comme une structure de production&#8230; de la reproduction. Auparavant on parlait presque pudiquement de suites. Aujourd'hui, on avance fi&#232;rement la logique de franchise, entre suite, reboot, prequel, etc.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage du slasher est condamn&#233; &#224; la r&#233;p&#233;tition : il prend un couteau (et autres instruments &#233;quivalents), et tue inlassablement. Combien de meurtres ? Peut-on encore les compter ? Jason Voorhees, personnage embl&#233;matique de &lt;i&gt;Vendredi 13&lt;/i&gt;, cr&#233;&#233; par Sean S. Cunningham, compte &#224; son actif 10 films depuis 1980, un &lt;i&gt;reboot&lt;/i&gt; en 2008 et un &lt;i&gt;crossover&lt;/i&gt; avec Freddy en 2003. Freddy Kruger a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1884 par Wes Craven. Outre cette rencontre au sommet avec Jason, la sage &lt;i&gt;Freddy&lt;/i&gt; compte 7 films, un &lt;i&gt;reboot&lt;/i&gt; ainsi qu'une s&#233;rie anthologique. Quant &#224; &lt;i&gt;Scream&lt;/i&gt;, cr&#233;&#233; en 1996 par Wes Craven, le film conna&#238;t 5 opus et une s&#233;rie. Enfin, le personnage de Mike Myers cr&#233;&#233; en 1978 par John Carpenter, compte 10 films depuis 1978 (un onzi&#232;me est attendu en 2022) ainsi qu'un remake en deux &#233;pisodes par Rob Zombie. On se rappellera que la matrice &lt;i&gt;Psycho&lt;/i&gt;, explicitement cit&#233;e par Carpenter, conna&#238;t &#233;galement trois suites, un remake et une s&#233;rie, &lt;i&gt;prequel&lt;/i&gt; approximatif. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme justifier cette r&#233;p&#233;tition et sa p&#233;rennit&#233; &#233;conomique ? Comment concevoir la possibilit&#233; de l'infini ? Il suffit parfois de faire du personnage du &lt;i&gt;slasher&lt;/i&gt; la figure immortelle du mal qui revient encore et encore. Jason, Freddy, Michael Myers et quelques autres, ont ceci de commun qu'ils sont devenus inoxydables. Le choix sc&#233;naristique s'inscrit dans une m&#233;canique &#233;conomique. Le geste r&#233;p&#233;t&#233; de l'immortel tueur consolide la m&#233;canique &#233;conomique du retour au m&#234;me. La renaissance interminable des monstres ne se d&#233;roule pas sans tordre quelques bras de sc&#233;naristes. L'&#233;ternit&#233; de Norman Bates est purement cin&#233;matographique, se d&#233;posant essentiellement dans les multiples citations validant le point de rupture du film de 1960 qui formalise l'entr&#233;e d'un nouveau type de personnage qui deviendra le &lt;i&gt;slasher&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces personnages sont des figures du mal o&#249; la logique d'indestructibilit&#233; est parfois pouss&#233;e jusqu'au grotesque. Le dixi&#232;me et dernier opus de &lt;i&gt;Vendredi 13, Jason X&lt;/i&gt; (2000) pousse sans doute le bouchon commercial le plus loin possible en projetant le personnage sur un vaisseau spatial dans le futur. Jason se bat contre une andro&#239;de, croisement de &lt;i&gt;Terminator&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Matrix&lt;/i&gt;, et finit reconstitu&#233; en Cyborg avant de flotter dans l'espace et de rejoindre la Terre, telle une &#233;toile filante. L'adage sc&#233;naristique Pass&#233; les bornes y a plus limites fonctionne &#224; plein dans cette s&#233;rie Z qui choisit le grotesque. Les errances sc&#233;naristiques de la s&#233;rie &lt;i&gt;Halloween&lt;/i&gt; sont elles aussi parfois brouillonnent, notamment autour de la construction du personnage de Laurie Strode incarn&#233; par Jamie Lee Curtis. Parfois elle est la s&#339;ur de Mike Myers, d'autres fois non, parfois elle est m&#232;re d'un gar&#231;on, d'autres fois c'est une fille. La constante est l'indestructibilit&#233; de Myers qui, invariablement, se rel&#232;ve pour prolonger son geste unique, r&#233;p&#233;titif et compulsif : prendre un couteau et tuer. Cette &#233;conomie du massacre, prolong&#233;e de mani&#232;re compulsive ne trouve peut-&#234;tre qu'une seule justification pertinente, celle mise en sc&#232;ne par Wes Craven. Outre la figure de &lt;i&gt;Ghostface&lt;/i&gt; qui est un costume interchangeable, c'est surtout le personnage de Freddy Kruger qui est le plus marquant dans l'&#339;uvre de Craven. Son caract&#232;re indestructible est formidablement pens&#233; par le cin&#233;aste lorsqu'il ach&#232;ve la saga par un septi&#232;me et dernier opus en 1994 apr&#232;s avoir r&#233;alis&#233; le dernier en 1984 &#8211; il a laiss&#233; les cinq &#233;pisodes centraux d&#233;river au gr&#233; des trouvailles sc&#233;naristiques. Le caract&#232;re m&#233;tafilmique de &lt;i&gt;Freddy sort de la nuit&lt;/i&gt; permet &#224; Wes Craven de faire un &#233;loge indirect de la fiction : le seul moyen de capturer l'essence du mal qu'est Freddy (et toute la filiation des &lt;i&gt;slashers&lt;/i&gt;) est de le contenir dans un r&#233;cit. Le conte, le roman, le film sont les lieux qui maintiennent les figures d&#233;moniaques loin des vivants. C'est Wes Craven lui-m&#234;me qui l'&#233;nonce &#224; Heather Langenkamp qui incarnait le personnage de Nancy dans le premier opus. Le probl&#232;me commence quand la s&#233;rie de film s'ach&#232;ve, le monstre Freddy voulant rejoindre la r&#233;alit&#233; pour poursuivre son existence violente. La mise en abyme est alors vertigineuse puisque Wes Craven indique &#224; son actrice qu'elle est face &#224; une d&#233;cision essentielle : &#171; Accepter ou refuser de jouer Nancy une derni&#232;re fois &#187;. Le dialogue est doubl&#233; par l'&#233;criture de cette phrase sur l'ordinateur qui semble imm&#233;diatement transcrire les r&#233;pliques au moment o&#249; elles sont dites. Le spectateur regarde un film en train de se faire et de se d&#233;faire, tout en se poursuivant afin d'interroger le pouvoir r&#233;p&#233;titif du cin&#233;ma de &lt;i&gt;slasher&lt;/i&gt;. Freddy sort de la nuit se termine par la lecture de la fin du sc&#233;nario du film que l'on regarde, l'enfant demandant &#224; sa m&#232;re s'il s'agit bien d'une histoire. Les derni&#232;res pages indiquent alors qu'il faut repartir au d&#233;but du document intitul&#233; &lt;i&gt;Wes Craven's new nightmare. A filmscript by Wes Craven&lt;/i&gt;. La boucle que le film cr&#233;e alors devient en quelque sorte la prison narrative dans laquelle est enferm&#233;e la figure du &lt;i&gt;Slasher&lt;/i&gt;, Freddy Kruger.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; penser que Jason Voorhees, Mike Myers, Freddy Kruger, &lt;i&gt;Ghostface&lt;/i&gt; et tous les autres sont &#224; l'image des lectures r&#233;p&#233;t&#233;es des contes, une &lt;i&gt;catharsis&lt;/i&gt; d'enfance, il n'est pas loin de le penser. La r&#233;p&#233;tition serait alors la possibilit&#233; de retrouver &#224; bon compte les figures de l'ogre ou les silhouettes monstrueuses et archa&#239;ques de Barbe Bleue. Cette possibilit&#233; arrange bien les services financiers des soci&#233;t&#233;s de production hollywoodiennes. Mais l'id&#233;e qu'on puisse retrouver un d&#233;p&#244;t de ces arch&#233;types du r&#233;cit dans cette &#233;conomie du massacre n'est pas sans offrir un peu de baume au c&#339;ur. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Codicille : A la fin de &lt;i&gt;Red is dead&lt;/i&gt; le tueur, &lt;i&gt;slasher&lt;/i&gt; &#224; faucille et marteau, se rel&#232;ve au-del&#224; de la mort et semble envahir la r&#233;alit&#233; du film &lt;i&gt;La Cit&#233; de la peur&lt;/i&gt;, multipliant les meurtres de projectionnistes &#224; la faucille et au marteau. Rien ne semble arr&#234;ter le &lt;i&gt;slasher&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Adieu les cons d'Albert Dupontel</title>
		<link>https://sebastienrongier.net/spip.php?article459</link>
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		<dc:date>2022-01-30T11:15:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Dupontel, Albert </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fiche-analyse pour les C&#233;sar des lyc&#233;e&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?rubrique58" rel="directory"&gt;2021&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot183" rel="tag"&gt;Dupontel, Albert &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l&#034;occasion des C&#233;sar des lyc&#233;ens 2021, j'ai r&#233;dig&#233; la j'ai r&#233;dig&#233; une fiche proposant quelques pistes d'analyse du film d'Albert Dupontel. Cette analyse &#233;tait &#224; destination des enseignants et des &#233;l&#232;ves participant &#224; ce dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1028 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L353xH480/adieu_les_cons-edc6e.jpg?1750038602' width='353' height='480' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.reseau-canope.fr/notice/adieu-les-cons-de-albert-dupontel.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1033 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://sebastienrongier.net/IMG/pdf/contenus-associes-adieu-les-cons-n-28668-61207.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.4 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1773078898' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hagrid, un g&#233;ant et des monstres</title>
		<link>https://sebastienrongier.net/spip.php?article390</link>
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		<dc:date>2021-12-04T14:22:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Potter Harry</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Rongier S&#233;bastien</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La Septi&#232;me obsession, Hors-s&#233;rie n&#176; 7, Harry Potter, octobre 2021&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?rubrique58" rel="directory"&gt;2021&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Potter Harry&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;Rongier S&#233;bastien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nouvelle collaboration pour un Hors-s&#233;rie de La Septi&#232;me obsession sur Harry Potter. Je ne pouvais parler que du personnage d'Hagrid... une sorte de projection capillaire sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_932 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L344xH480/img_8943_-_copie-e881d.jpg?1751018145' width='344' height='480' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L387xH480/img_9394_-_copie-82cae.jpg?1751018145' width='387' height='480' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Hagrid, un g&#233;ant et des monstres&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une tignasse fol&#226;tre qui accompagne une barbe foisonnante, une silhouette imposante, celle d'un g&#233;ant massif &#224; la d&#233;marche gauche et &#224; la garde-robe rudimentaire&#8230; sauf lorsqu'il porte sa large cravate marron &#224; pois jaune moutarde. Il pourrait effrayer mais Hagrid garde une na&#239;vet&#233; et une gait&#233; d'enfance surprenante. Car la vie ne l'a pas g&#226;t&#233;. Hagrid est un &#234;tre bless&#233;. Abandonn&#233; par sa m&#232;re alors qu'il n'est qu'un enfant, il est &#233;lev&#233; par un p&#232;re aimant mais minuscule. Ce dernier l'entoure jusqu'&#224; sa mort alors qu'il entre comme &#233;l&#232;ve &#224; Poudlard. Injustement renvoy&#233; de l'&#233;cole des sorciers &#224; cause des turpitudes de Tom Jedusor (Tom Riddle), le futur Voldemort. Seul Dumbledore lui conserve sa confiance. Il lui permet d'obtenir le poste de garde-chasse de l'&#233;cole et lui confie parfois des missions secr&#232;tes qu'il &#233;vente r&#233;guli&#232;rement. Hagrid est loyal, mais ce n'est pas un personnage fait pour les secrets. C'est un c&#339;ur ouvert et g&#233;n&#233;reux.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A la marge&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rubeus Hagrid pourrait &#234;tre envieux, ou rempli d'amertume comme Argus Rusard (Argus Filch). Il n'en sera rien. Il a &#233;t&#233; victime de nombreuses injustices et beaucoup le m&#233;prisent. Pourtant, le g&#233;ant semble accepter et finalement aimer la place marginale qui est la sienne. Hagrid est le personnage des marges&#8230; de toutes les marges. C'est un biker arborant fi&#232;rement un parapluie rose. Quand il ne s&#233;journe pas dans la prison d'Azkaban, il vit dans un entre-deux, entre le monde des &#233;l&#232;ves et le monde des professeurs, entre la for&#234;t interdite et l'&#233;cole. Sa maison est un monde &#224; part, un foutoir dans lequel les enfants (Ron, Hermione et Harry) sont toujours accueillis. C'est un lieu pr&#233;cieux qui sert autant de refuge que d'espace de signification. C'est dans cette maison qu'Hagrid soutien Hermione contre les insultes de Drago Malfoye (&#171; sang de bourbe &#187;) ; c'est l&#224; qu'il sugg&#232;re la piste &lt;i&gt;Aragog&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;La Chambre des secrets&lt;/i&gt; apr&#232;s son arrestation ; la maison du garde-chasse est &#233;galement la premi&#232;re &#233;tape du &lt;i&gt;multiverse&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;Le Prisonnier d'Azkaban&lt;/i&gt;. C'est aussi l&#224; qu'Harry convainc Slughorn de r&#233;v&#233;ler son secret. La maison d'Hagrid est donc un endroit particuli&#232;rement riche et pr&#233;cieux. On y forge l'amiti&#233;, on y r&#233;sout des &#233;nigmes. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maison d'Hagrid est &#233;galement un espace qui accueille les animaux monstrueux, d&#233;laiss&#233;s ou rejet&#233;s. Aragog, l'araign&#233;e g&#233;ante est son ami, comme Buck l'hippogriffe condamn&#233; &#224; mort dans &lt;i&gt;Le Prisonnier d'Azkaban&lt;/i&gt;. Hagrid admire et aime les dragons qu'il voudrait garder pr&#232;s de lui. Rien n'est r&#233;ellement monstrueux pour lui. C'est aussi pour cela qu'il est m&#233;pris&#233; par la caste des Malfoye, obs&#233;d&#233;e par la sup&#233;riorit&#233; de son sang et de son rang. Mais peut-&#234;tre cette haine r&#233;v&#232;le-t-elle une r&#233;alit&#233; plus insidieuse. En prot&#233;geant les monstres, en les aimant ainsi, il projette un miroir sur la soci&#233;t&#233; de son temps. Il montre &#224; chacun sa part monstrueuse et sa violence. Est-il alors &#233;tonnant de voir Bellatrix Lestrange d&#233;truire la maison d'Hagrid &#224; la fin du &lt;i&gt;Prince de sang-m&#234;l&#233;&lt;/i&gt; ?
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Figure de protection&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, dans la saga litt&#233;raire et cin&#233;matographique, Hagrid est montr&#233; comme le grand protecteur de Harry. Dumbledore a confi&#233; l'enfant au g&#233;ant qui arrive dans &lt;i&gt;L'&#201;cole des sorciers&lt;/i&gt; en biker volant au grand c&#339;ur d'artichaut. Cette figure de protection est renouvel&#233;e, confirm&#233;e et amplifi&#233;e au d&#233;but de la premi&#232;re partie des Reliques de la mort. Hagrid emm&#232;ne Harry en side-car. Cette figure de protection et d'initiation est constante dans les premiers &#233;pisodes. Il s'efface au fur et &#224; mesure, &#224; partir du moment o&#249; les jeunes gens acqui&#232;rent leur autonomie. Cet effacement est beaucoup plus marqu&#233; dans les adaptations cin&#233;matographiques que dans les romans de J.K. Rowling o&#249; Hagrid garde une place plus importante. Dans les films, le demi-g&#233;ant est du c&#244;t&#233; de l'enfance et des jeunes gens contre l'irr&#233;m&#233;diable vanit&#233; des adultes. Il est comme Harry, sans parent. Il est mis de c&#244;t&#233; par sa propre famille. La chambre d'Harry sous les escaliers pourrait &#234;tre l'&#233;cho lointain de la maison au bord la for&#234;t interdite. Par ailleurs, si Hagrid est aussi proche et ami d'Harry, c'est aussi parce que l'enfant est lui aussi, en quelque sorte, un monstre unique et pr&#233;cieux : il est le seul survivant de la folie meurtri&#232;re de Voldemort. Sa marque est le signe qui le montre. Cette visibilit&#233; fait de lui un &#234;tre &#224; part, en marge de ses semblables. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mater dolorosa&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hagrid est l'&#234;tre de la perte : il est renvoy&#233; de Poudlard &#224; cause d'Aragog qui meurt &#224; la fin de la saga alors que les araign&#233;es finissent par se rallier &#224; Volmedort et attaquer le g&#233;ant (dans le roman). Rien n'est &#233;pargn&#233; au pauvre personnage que l'on d&#233;pouille constamment de tout. Le plus cruel lui est encore inflig&#233; par Voldemort qui l'oblige &#224; regarder l'ex&#233;cution de Harry Potter. Il doit ensuite porter dans ses bras la d&#233;pouille de son jeune ami.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hagrid a toujours &#233;t&#233; une figure protectrice pour Harry. Plus qu'une image paternelle dans un imaginaire traditionnel, Hagrid est une figure maternante. Il conseille, prot&#232;ge, accompagne et entoure le jeune gar&#231;on tout au long de son apprentissage. C'est dans ses bras qu'il arrive b&#233;b&#233; devant la porte des Dursley. C'est dans les bras du g&#233;ant que son corps sans vie apparente est achemin&#233; devant Poudlard. Ce passage particuli&#232;rement tragique est amplifi&#233; par diff&#233;rentes r&#233;f&#233;rences bibliques. Le signe iconologique la plus &#233;vident est celui de la Piet&#224;. La statuaire classique comme les repr&#233;sentations picturales montrent toujours le Christ descendu de la croix, port&#233; par sa m&#232;re Marie, un bras pendant, moribond. C'est tr&#232;s exactement cette image que l'on retrouve &#224; la fin des &lt;i&gt;Reliques de la mort&lt;/i&gt;. Le bras ballant de Harry formalise cette dimension christique et implique qu'Hagrid soit une nouvelle forme de &lt;i&gt;mater dolorosa&lt;/i&gt; tragique. On l'efface rapidement au nom de la r&#233;surrection d'Harry mais Hagrid est peut-&#234;tre la grande figure &#233;thique de la saga &lt;i&gt;Harry Potter&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Wes Anderson en trois articles</title>
		<link>https://sebastienrongier.net/spip.php?article389</link>
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		<dc:date>2021-12-04T14:12:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Anderson Wes</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Rongier S&#233;bastien</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La Septi&#232;me obsession, Hors-s&#233;rie n&#176; 5, Wes Anderson, avril 2021&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?rubrique58" rel="directory"&gt;2021&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot122" rel="tag"&gt;Anderson Wes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;Rongier S&#233;bastien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'occasion d'un hors-s&#233;rie de &lt;i&gt;La Septi&#232;me obsession&lt;/i&gt; sur Wes Anderson en 2021 et &#224; l'invitation de Nicolas Tellop, j'ai donc publi&#233; trois articles sur le cin&#233;aste am&#233;ricain. Les voici.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_930 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L360xH480/img_9388_-_copie-fdf9b.jpg?1749905237' width='360' height='480' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_931 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L480xH480/img_9392_-_copie-973c0.jpg?1749905237' width='480' height='480' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au nom du Bill, du Murray et Saint Esprit&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bill Murray occupe une place singuli&#232;re et centrale dans le cin&#233;ma de Wes Anderson. Si l'on excepte le tout premier long-m&#233;trage (&lt;i&gt;Bottle Rocket&lt;/i&gt; en 1996) et quelques courts-m&#233;trages, l'acteur est de tous les films d'Anderson.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient g&#233;n&#233;ralement de ses compositions de personnages loufoques naviguant entre ironie et cynisme (de &lt;i&gt;SOS Fant&#244;mes&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Un jour sans fin&lt;/i&gt;). Mais la premi&#232;re collaboration entre Wes Anderson et Bill Murray (&lt;i&gt;Rushmore&lt;/i&gt;, 1998) marque une inflexion sensible du jeu de l'acteur. Il y avait eu des pr&#233;c&#233;dents marquants entre le m&#233;lodramatique &lt;i&gt;Fil du rasoir&lt;/i&gt; (John Byrum, 1984) et la force violente de &lt;i&gt;Mad Dog and Glory&lt;/i&gt; (John McNaughton, 1993). Anderson offre &#224; Bill Murray d'approfondir cette partition qui lie burlesque et m&#233;lancolie. Il n'y a donc pas de contre-emploi car l'acteur est intempestif et incarne litt&#233;ralement cette difficult&#233; &#224; trouver une place dans le monde moderne qui est au c&#339;ur de l'&#339;uvre d'Anderson&#8230; et que Sofia Coppola ou Jim Jarmusch prolongeront dans leurs films &#224; partir des ann&#233;es 2000.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/bill_murray_rushmore.png?1747769132' width='500' height='211' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Bill Murray compose chez Wes Anderson une &#233;trange figure paternelle d&#233;pressive qui cherche &#224; s'inventer un fils dans &lt;i&gt;Rushmore&lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;La Vie aquatique&lt;/i&gt;. Il surnage tant bien que mal au milieu du d&#233;sastre familial dans &lt;i&gt;Moonrise Kingdom&lt;/i&gt; (2012) et tente de sauver son couple dans &lt;i&gt;La Famille Tenenbaum&lt;/i&gt;. La ligne neurasth&#233;nique qui caract&#233;rise son jeu est approfondie par un effacement de la veine burlesque au profit du jeu m&#233;lancolique. C'est la mise en sc&#232;ne de Wes Anderson qui redonne &#224; la forme toute son ironie. La d&#233;pression d'Herman Blume dans &lt;i&gt;Rushmore&lt;/i&gt; n'&#233;vite pas une certaine noirceur, Raleigh St Clair est perdu au milieu de la famille Tenenbaum, sans parler du vacillement de Walt Bishop dans &lt;i&gt;Moonrise Kingdom&lt;/i&gt;, les situations comiques venant paradoxalement amplifier la tension dramatique. C'est ainsi que Bishop peut sortir de chez lui en bas de pyjama, une bouteille de vin &#224; la main et une hache sur l'&#233;paule, en d&#233;clarant &#224; ses enfants qui jouent : &#171; Je vais dans le jardin. Je vais chercher un arbre &#224; abattre. &#187; On sent bien que, sans cette bouteille &#224; vider dans le jardin et le ridicule de la situation, la hache pourrait s'abattre sur les enfants. Tout l'art de Bill Murray est de laisser flotter la menace tout en maintenant cette ligne de comique neurasth&#233;nique. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/bill_murray_moonrise.png?1747769158' width='500' height='270' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Wes Anderson &#233;labore au fil de son &#339;uvre un v&#233;ritable esprit de troupe, Bill Murray &#233;tant la pierre angulaire de cette bande. Des premiers r&#244;les aux apparitions secondaires, Wes Anderson tisse un dialogue cin&#233;matographique avec son acteur, allant m&#234;me jusqu'&#224; citer la filmographie de Murray dans ses propres films. On peut donc se demander si la course de Bill Murray au d&#233;but de &lt;i&gt;A bord du Darjeeling Limited&lt;/i&gt; n'est pas directement inspir&#233;e du film &lt;i&gt;Le fil du rasoir&lt;/i&gt;, l'arriv&#233;e en Inde du personnage &#233;tant marqu&#233;e par une course-poursuite avec des enfants. Plus &#233;vidente est la citation de &lt;i&gt;Ghostbuster&lt;/i&gt; (Ivan Reitman, 1984) dans &lt;i&gt;La Famille Tenenbaum&lt;/i&gt; quand son personnage pratique un test avec son patient Dudley Heisbergen. Il rejoue la s&#233;quence du film de Reitman durant laquelle Venkman fait deviner des formes sur des cartes &#224; des &#233;tudiants. Ces &#233;chos internes amplifient la relation du cin&#233;aste avec son acteur et montre bien sa place, un impossible p&#232;re symbolique, le premier &#224; appara&#238;tre dans la confr&#233;rie secr&#232;te dans &lt;i&gt;The Grand Budapest Hotel&lt;/i&gt;. Cette Society of the Crossed Keys, c'est la famille qu'on s'invente, une troupe d'acteurs o&#249; Bill Murray pourrait incarner l'esprit de la famille&#8230; le Saint Esprit, en somme.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/bill_muray_grand_buda.png?1747769197' width='500' height='363' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Wes Anderson, un espace o&#249; vivre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnages de Wes Anderson sont toujours des &#234;tres caboss&#233;s par la vie. Ils sont souvent reclus, ou cach&#233;s du monde (le motif insulaire amplifiant cela). Tristes, seuls, ou amers, les h&#233;ros andersonniens sont &#224; la recherche d'un lieu o&#249; vivre, o&#249; trouver un apaisement.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Motif de la maison et du lieu&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/dernier_plan_moonrise.png?1747767980' width='500' height='269' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de lire les titres de ses films pour comprendre que les lieux structurent son cin&#233;ma : &lt;i&gt;Rushmore&lt;/i&gt; (1998) d&#233;signe un &#233;tablissement scolaire, le dernier plan de &lt;i&gt;Moonrise Kingdom&lt;/i&gt; (2012) confirme que le titre est un lieu. Il en va de m&#234;me pour H&#244;tel Chevalier (2007) T&lt;i&gt;he Grand Budapest Hotel&lt;/i&gt; (2014) ou &lt;i&gt;L'Ile aux chiens&lt;/i&gt; (2018). &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais chez Wes Anderson, le motif de la maison, ce &lt;i&gt;domus&lt;/i&gt; o&#249; l'on se retrouve et o&#249; l'on vit en famille (... et o&#249; l'on invente peut-&#234;tre une famille) ne se r&#233;duit pas au mod&#232;le classique et bourgeois de la maison comme pour &lt;i&gt;La Famille Tenenbaum&lt;/i&gt; (2001). Il y a chez Anderson une tr&#232;s grande mobilit&#233; de ce motif, allant de la chambre h&#244;tel (H&#244;tel Chevalier) &#224; l'h&#244;tel dans son ensemble (&lt;i&gt;The Grand Budapest Hotel&lt;/i&gt;), des terriers de &lt;i&gt;Fantastic Mr Fox&lt;/i&gt; (2010) &#224; l'&#238;le dans &lt;i&gt;Moonrise Kingdom&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;L'Ile aux chiens&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les formes de l'habitat ne se r&#233;duisent pas &#224; ces espaces classiques puisqu'un bateau et un sous-marin dans &lt;i&gt;La Vie aquatique&lt;/i&gt; (2004) ou un train dans &lt;i&gt;A bord du Darjeeling Limited&lt;/i&gt; (2007) deviennent ses espaces de vie possible. Car tous les personnages chez Wes Anderson cherchent des lieux o&#249; vivre. Chacun tente de renouveler un espace commun ou d'inventer une communaut&#233;. De l'&#233;cole &#224; l'h&#244;tel, du train au sous-marin, du terrier au bateau, il n'y a pas chez Anderson de lieu type o&#249; vivre et o&#249; tenter l'aventure du commun.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inventer un espace o&#249; vivre&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure de l'orphelin est centrale dans son &#339;uvre. C'est litt&#233;ralement le sujet dominant de son cin&#233;ma. Les orphelins sont tr&#232;s souvent les personnages principaux de ses films. Max Fischer dans &lt;i&gt;Rushmore&lt;/i&gt; a perdu sa m&#232;re. Margot dans &lt;i&gt;La Famille Tenenbaum&lt;/i&gt; est adopt&#233;e. Ned dans &lt;i&gt;La Vie aquatique&lt;/i&gt; cherche son p&#232;re apr&#232;s la mort de sa m&#232;re. Sam, dans &lt;i&gt;Moonrise Kingdom&lt;/i&gt;, est orphelin, tout comme Zero Moustafa dans &lt;i&gt;The Grand Budapest Hotel&lt;/i&gt; ou Atari Kobayashi dans &lt;i&gt;L'Ile aux chiens&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://sebastienrongier.net/IMG/png/gran_buda.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/gran_buda.png?1747768358' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Certains cherchent une figure paternelle ou familiale mais tous veulent trouver et construire un &lt;i&gt;domus&lt;/i&gt;, un espace o&#249; vivre. Car l'orphelin est essentiellement sans espace. Il est dans cette fragilit&#233; absolue et dans ce d&#233;nuement complet, parfaitement incarn&#233;s par Sam le rejet&#233; et Zero l'apatride. Tous inventent un lieu o&#249; vivre. La marque de cette fragilit&#233; est r&#233;guli&#232;rement mise en sc&#232;ne par Wes Anderson au travers de la tente, un habitat aussi symbolique qu'incertain. C'est la tente &#224; l'int&#233;rieur de la maison pour Ritchie Tenenbaum. Et celle de Sam qui, dans &lt;i&gt;Moonrise Kingdom&lt;/i&gt;, devient autant espace d'&#233;vasion que lieu de vie de la fin de l'enfance. La tente est l'enclave intime au milieu du monde hostile, l'espace int&#233;rieur d'un individu ou d'un couple &#224; la l&#233;gitimit&#233; incertaine (Margot et Ritchie, Sam et Suzy). &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fratrie Tenenbaum tente de tisser des liens en revenant artificiellement dans la maison de famille tandis que Steve Zizou cherche &#224; maintenir un espace commun &#224; l'int&#233;rieur de son bateau. Le Belafonte est l'utopie d'une communaut&#233; qui se maintiendrait malgr&#233; l'adversit&#233;. Paradoxalement, elle ne sombre pas gr&#226;ce aux disparitions d'Esteban et de Ned. La trag&#233;die n'est jamais loin chez Anderson. Elle est souvent le ressort qui rend possible le lieu en commun (la mort de Royal Tenenbaum, celles de Mr Gustave dans &lt;i&gt;The Grand Budapest Hotel&lt;/i&gt; ou de l'enfant dans &lt;i&gt;A bord du Darjeeling Limited&lt;/i&gt;). La fantaisie, le sens de l'absurde et le formalisme color&#233; de Wes Anderson sont toujours au service d'une gravit&#233; et d'une noirceur qu'on ne saurait ignorer. La logique sym&#233;trique qui renvoie &#224; une pens&#233;e architecturale de l'espace devient un cadre qui figure la possibilit&#233; d'un espace tragique. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Seul le cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est fondamental dans le cin&#233;ma de Wes Anderson, c'est que le lieu est toujours montr&#233; comme un espace artificiel. C'est un d&#233;cor, un d&#233;cor de cin&#233;ma&#8230; un espace cin&#233;matographique. Les travellings lat&#233;raux si importants dans son &#339;uvre n'ont pas seulement une fonction descriptive. Ils sont l&#224; pour montrer le lieu comme d&#233;cor, pour affirmer l'espace fictif du cin&#233;ma comme dans &lt;i&gt;La Vie aquatique&lt;/i&gt;, ou le d&#233;but de &lt;i&gt;Moorise Kingdom&lt;/i&gt;.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les travellings lat&#233;raux montrent et amplifient c'est la nature cin&#233;matographique du &lt;i&gt;domus&lt;/i&gt;. On d&#233;couvre et on explore l'espace par ces travellings. On passe au travers des cloisons. On voit un plan de coupe g&#233;n&#233;ral d'une maison, d'un bateau, d'un terrier. On saisit alors d'un seul regard toute l'agitation du monde &#224; l'int&#233;rieur de cet espace. Le &lt;i&gt;domus&lt;/i&gt; est un d&#233;cor que l'on montre. On met en sc&#232;ne sa facticit&#233; pour r&#233;v&#233;ler un sens plus intime : le d&#233;cor est le &lt;i&gt;domus&lt;/i&gt; du cin&#233;aste. Le lieu de vie de Wes Anderson, c'est le d&#233;cor de cin&#233;ma. Faire communaut&#233; avec le spectateur, c'est d'abord montrer la nature cin&#233;matographique de l'exp&#233;rience (travellings, plan de coupe, animation). Le faux n'est pas l'ennemi du vrai quand le vrai, c'est le cin&#233;ma. C'est par exemple ce superbe moment de &lt;i&gt;A bord du Darjeeling Limited&lt;/i&gt; o&#249; les wagons du train lient entre eux des lieux et des personnages diff&#233;rents dans un m&#234;me espace fictif et fantasm&#233;&#8230; liant &#233;galement le film au court-m&#233;trage H&#244;tel Chevalier par la pr&#233;sence &#233;nigmatique de Natalie Portman dans un de ces wagons r&#234;v&#233;s. Les r&#234;ves sont ici ceux du cin&#233;ma lui-m&#234;me.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/train_a_bord.png?1747768615' width='500' height='208' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;La maison est un d&#233;cor, un lieu de vie o&#249; s'organise une communaut&#233;. C'est ce qui, finalement, permet de comprend l'esprit de troupe de son cin&#233;ma. Anderson et ses acteurs ont une fid&#233;lit&#233; qui amplifie le sens des th&#232;mes de ses films : c'est dans le cin&#233;ma et par le cin&#233;ma que l'on invente un lieu o&#249; vivre. Le film est ce lieu.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Wes Anderson et l'explosion des arch&#233;types.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence de nombreux cin&#233;astes, Anderson ne d&#233;nonce pas frontalement les arch&#233;types. Il ne les tourne pas en ridicule. Il les accompagne et va au bout d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure du p&#232;re, l'image de la maison, la question de la famille, ou encore le sujet de l'enfance sont tous compris par Anderson &#224; partir du clich&#233; et de la figure arch&#233;typale : le m&#233;chant est &lt;i&gt;m&#233;chant&lt;/i&gt;, l'idiot est &lt;i&gt;idiot&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/defoe_grand_buda.png?1747770450' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;chant de &lt;i&gt;Grand Budapest Hotel&lt;/i&gt; a tous les attributs de son type : tenue vestimentaire, absence de piti&#233;, go&#251;t pour le sang et extr&#234;me d&#233;termination &#224; servir son ma&#238;tre. L'interpr&#233;tation de Willem Dafoe n'y est pas pour rien. Mais quand le m&#234;me acteur joue un idiot dans &lt;i&gt;La Vie aquatique&lt;/i&gt;, il est sacr&#233;ment cr&#233;tin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/defoe_vie_aquat.png?1747770475' width='500' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Les personnages andersonniens sont caract&#233;ris&#233;s par ces types, y compris des types contemporains comme l'enfant ou l'adolescent. Ce qui est nouveau et passionnant dans son cin&#233;ma, c'est qu'il va au bout du clich&#233; sans le d&#233;noncer. Il en montre les ressorts et les failles, non pas par une d&#233;construction g&#233;n&#233;rale mais par une mise en sc&#232;ne comique teint&#233;e de m&#233;lancolie. Il d&#233;place sans renverser. La fantaisie comique d'Anderson produit un &#233;cart qui reste toujours au bord de la trag&#233;die. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/tannenbaum.png?1747770733' width='500' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;La figuration arch&#233;typale des personnages passe souvent par les tenues vestimentaires. La communaut&#233; des bonnets rouges dans &lt;i&gt;La Vie aquatique&lt;/i&gt; (2004), la veste de Max Fischer dans &lt;i&gt;Rushmore&lt;/i&gt; (1998), la tenue de scout de Sam dans &lt;i&gt;Moonrise Kingdom &lt;/i&gt; (2012). Les personnages de Wes Anderson sont g&#233;n&#233;ralement assign&#233;s &#224; une tenue, un costume, un uniforme, un peu comme ces personnages-types de la &lt;i&gt;commedia dell arte&lt;/i&gt;. Un film comme &lt;i&gt;La Famille Tenenbaum&lt;/i&gt; (2001) semble mettre en sc&#232;ne cette logique arch&#233;typale. Dans sa forme g&#233;n&#233;rale (macrostructure), le film illustre l'arch&#233;type contemporain de la famille dysfonctionnelle. Dans le d&#233;tail (microstructure), les personnages sont eux-m&#234;mes des mod&#232;les &#224; partir desquelles des formes se construisent et sont mises en sc&#232;nes par les tenues vestimentaires ou des d&#233;tails caract&#233;ristiques : Margot porte un manteau de fourrure, Chas est habill&#233; avec le m&#234;me surv&#234;tement que ses fils, Ritchie ne quitte quasiment pas son bandeau de tennisman. Ce dernier d&#233;finit autant une activit&#233; qu'une situation : le bandeau tient sa t&#234;te qui manque d'exploser. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les personnages de Wes Anderson sont caract&#233;ris&#233;s par leur inaptitude &#224; trouver une place dans ces mod&#232;les et ses sch&#233;mas. Les p&#232;res n'en sont jamais vraiment. Pas plus que les enfants. Quant aux orphelins, ils radicalisent cette posture qui &#233;puise les logiques d'organisation du monde. A l'exemple de Sam dans &lt;i&gt;Moonrise Kingdom&lt;/i&gt;, les orphelins deviennent des contre-mod&#232;les qui font exploser les structures de stabilit&#233;. L'univers cin&#233;matographique de Wes Anderson est d'ailleurs toujours tr&#232;s explosif (les explosions de &lt;i&gt;Rushmore&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Fantastic Mister Fox&lt;/i&gt; ou les &#233;clairs de &lt;i&gt;Moonrise Kingdom&lt;/i&gt;, sans parler des coups de feux de &lt;i&gt;La Vie aquatique &lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;Grand Budapest Hotel&lt;/i&gt;).
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://sebastienrongier.net/IMG/png/fox_1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/fox_1.png?1747771195' width='500' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Ce que Wes Anderson aime dynamiter de l'int&#233;rieur, ce sont les figures arch&#233;typales produites par le cin&#233;ma lui-m&#234;me. Le &lt;i&gt;teen movie&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;campus movie&lt;/i&gt; sont dissous par les contre-mod&#232;les que sont Max Fischer (&lt;i&gt;Rushmore&lt;/i&gt;) ou Sam (&lt;i&gt;Moonrise Kingdom&lt;/i&gt;). Ils se nourrissent de la structure arch&#233;typale pour d&#233;placer les formes du monde et proposer des alternatives utopiques au r&#233;el : le th&#233;&#226;tre de Max Fisher et la plage de Sam. C'est ce que &lt;i&gt;Fantstic Mister Fox&lt;/i&gt; amplifie par la figure animale (par ailleurs omnipr&#233;sente dans son cin&#233;ma). Le probl&#232;me de Mister Fox est celui de sa nature&#8230; on n'&#233;chappe pas &#224; sa nature animale. L'arch&#233;type du renard fonctionne &#224; plein. Il est rus&#233;, h&#226;bleur, voleur et c'est un massacreur de poules. Il cherche bien &#224; lutter contre cette nature aventureuse mais cette violence animale transparait toujours quelque part. Il suffit de le regarder prendre son d&#233;jeuner : il d&#233;vore ! Wes Anderson va au bout de cette logique en montrant un personnage qui retrouve le chemin de ce mod&#232;le jusqu'&#224; &#233;puiser litt&#233;ralement le monde. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://sebastienrongier.net/IMG/png/fox_2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/png/fox_2.png?1747771219' width='500' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Aller au bout de l'arch&#233;type, c'est faire exploser la ville, et la soci&#233;t&#233; qui existe. Cela implique de devoir se red&#233;finir et d'inventer de nouvelles formes de collectivit&#233; et d'individuation. Outre le repas invent&#233; par les animaux cach&#233;s sous terre et ce &#171; &lt;i&gt;eat together&lt;/i&gt; &#187; lanc&#233; par Fox comme sens du partage, c'est la danse finale des animaux, cach&#233;s dans le supermarch&#233; qui marque ce renouveau. Ils y d&#233;noncent la facticit&#233; des humains et inventent de nouvelles mani&#232;res d'&#234;tre au monde&#8230; ensemble !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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