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	<title>S&#233;bastien Rongier (Fragments)</title>
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		<title>S&#233;bastien Rongier (Fragments)</title>
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		<title>L'audace, ou l'impossible remake d'Irma Vep d'Olivier Assayas </title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Berthet, Dominique</dc:subject>
		<dc:subject>Assayas, Olivier</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Rongier S&#233;bastien</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Recherches en Esth&#233;tique, &#171; L'audace &#187;, num&#233;ro 8, octobre 2002&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L362xH517/l_audace_ree_-_copie-e2539.jpg?1750922267' width='362' height='517' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est le fruit d'une r&#233;flexion qui germe en 2002 : une analyse critique du remake sous couvert d'une red&#233;finition de l'ironie. C'est aussi le r&#233;sultat d'une double rencontre, celle d'Olivier Assayas que je rencontrai quelques fois pr&#232;s de chez lui, et celle de Dominique Berthet qui me propose de collaborer &#224; sa revue. Une rencontre qui se prolonge une bonne vingtaine d'ann&#233;es apr&#232;s ce premier rendez-vous. Voici le texte tel qu'il a paru, sans ajout ni modifications. Je n'&#233;crirai sans doute pas le texte ainsi aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'audace, un enjeu esth&#233;tique de l'ironie &lt;br/&gt; Ou l'impossible remake d'&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Irma Vep&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br/&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; La relation entre l'art et la soci&#233;t&#233; s'est fond&#233;e dans la modernit&#233; sur un principe du subversion, une forme frontale et radicale d'opposition bas&#233;e sur l'espoir r&#233;troactif d'instaurer un nouveau mod&#232;le, une nouvelle loi. Cette tradition de la rupture semble aujourd'hui avoir v&#233;cu, pleinement et richement. Le cin&#233;ma contemporain, travers&#233; d'exp&#233;riences diverses, trouve encore, au-del&#224; des enjeux &#233;conomiques de plus en plus pr&#233;gnants, un espace qui contrarie les formes traditionnelles. Mais aucune ne f&#233;d&#232;re une &#233;cole, un courant. Il faut donc traverser l'imagerie subversive pour trouver des &#339;uvres qui interrogent leur propre forme, des films qui posent les enjeux id&#233;ologiques de leur mat&#233;riau. L&#224; est l'audace : poser des questions, interroger l'esth&#233;tique, induire dans l'espace de cr&#233;ation une d&#233;marche critique. &lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt; d'Olivier Assayas, r&#233;alis&#233; en 1996, est l'exp&#233;rience cin&#233;matographique de cette nouvelle formulation critique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Confront&#233; au mod&#232;le r&#233;cup&#233;rateur et neutralisant de l'industrie culturelle, l'art est n&#233;cessairement contraint de repenser ses propres formes audacieuses. Car si le &lt;i&gt;Vocabulaire d'esth&#233;tique&lt;/i&gt; d'Etienne Souriau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vocabulaire d'esth&#233;tique, Etienne Souriau, publi&#233; sous la direction d'Anne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; met l'accent sur l'aspect risqu&#233; et dangereux de l'audace dans la confrontation de l'&#339;uvre au monde social, cet ouvrage ne rend pas compte dans sa d&#233;finition de l'audace des transformations de ces m&#234;mes normes. En effet, la normalisation est aujourd'hui faussement ouverte et toujours inscrite dans une d&#233;sublimation r&#233;pressive&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;c'est-&#224;-dire, selon l'analyse de Marcuse, la r&#233;pression de toute forme de r&#233;sistance par la distraction offerte par l'industrialisation des productions culturelles.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; C'est pourquoi l'audace ne peut plus &#234;tre port&#233;e esth&#233;tiquement par une avant-garde, immanquablement rattrap&#233;e par les m&#233;canismes englobant de la soci&#233;t&#233; marchande. L'audace doit donc prendre des chemins de traverses peut-&#234;tre moins glorieux et visibles mais pourtant tout aussi efficaces qu'interrogeant. Ainsi, en passant d'une tradition subversive &#224; une d&#233;marche transversale de d&#233;placement et d'&#233;cart, on peut poursuivre l'interrogation du mat&#233;riau dans son environnement id&#233;ologique et social. Par l'immanence de l'&#233;cart, on interroge et bouleverse les formes de l'autorit&#233; et les principes de normalisation. &#201;cart et d&#233;placement offrent ici la voie d'une th&#233;orisation de l'ironie comme processus de l'apr&#232;s-coup posant le sens non plus dans une totalit&#233;, une synth&#232;se, mais dans la tension de son &#233;v&#233;nement. En refusant les cadres r&#233;conciliateurs d'une id&#233;alit&#233;, l'espace ironique devient un processus interrogeant les enjeux du sens en captant son incertitude tout en l'exp&#233;rimentant comme action critique. En d&#233;bordant la convention par l'exploration de ses limites et de ses marges, l'ironie propose une esth&#233;tique de la modernit&#233; reposant sur une pens&#233;e pr&#233;caire c'est-&#224;-dire une pens&#233;e de l'inconciliation ne se fondant plus dans l'affirmation positive d'une syst&#233;matique mais sur une forme de vacillement. Ce vacillement, son audace, est l'exercice de la pens&#233;e contre les certitudes r&#233;ifi&#233;es du go&#251;t.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Cette nouvelle pr&#233;carit&#233; de la conscience moderne engage une d&#233;marche critique au sein m&#234;me de ses propres formes et interroge les m&#233;canismes de normalisation. Si l'art contemporain a su confronter pleinement ses propres d&#233;marches aux formes de repr&#233;sentations cin&#233;matographiques en pensant une image dans une exp&#233;rience in&#233;dite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;ussites sont ici l&#233;gions de Pierre Huyghe &#224; Douglas Gordon en passant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le cin&#233;ma est lui-m&#234;me capable d'interroger ses propres formes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Le remake au cin&#233;ma est aujourd'hui une tendance incontournable. Si elle n'est pas r&#233;cente, elle est pourtant le signe tangible des m&#233;canismes qui peuvent menacer la valeur artistique du cin&#233;ma en le r&#233;duisant &#224; un produit de loisirs de la soci&#233;t&#233; de consommation. C'est aujourd'hui dans le refus des pratiques ludiques comme valeurs dominantes, ou des activit&#233;s relativistes organis&#233;es autour de la seule satisfaction d&#233;sint&#233;ress&#233;e que le cin&#233;ma et une pens&#233;e critique poursuivront leur existence comme forme de r&#233;sistance. Si elle n'est pas directement subversive, cette r&#233;sistance est la forme d'audace active qui reste &#224; l'art et &#224; la pens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Jean-Fran&#231;ois Lyotard dans &lt;i&gt;l'acin&#233;ma&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lyotard, Jean-Fran&#231;ois, L'acin&#233;ma, in Cin&#233;ma : th&#233;orie, lectures, textes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; d&#233;non&#231;ait le verrou de la mise en sc&#232;ne comme forme normalisatrice qui annulait toute esp&#232;ce de d&#233;bordement pour contenter la loi &#233;conomique de l'entreprise cin&#233;matographique. Plus g&#233;n&#233;ralement, il d&#233;non&#231;ait la forme cin&#233;matographique de &#034;normalisation libidinale&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem, page 364.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; comme reposant sur la seule &#034;loi de la valeur&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem, page 358.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, rendant alors impossible tout cin&#233;ma entendu comme &#233;v&#233;nement artistique. On trouve dans le remake un exemple particuli&#232;rement significatif de cette normalisation comme un &#034;m&#234;me&#034; interdisant finalement toute diff&#233;rence, tout d&#233;bordement propre &#224; la cr&#233;ation. La r&#233;p&#233;tition normative du remake interdit toute ouverture &#224; l'&#339;uvre et reste une forme cliv&#233;e, enferm&#233;e dans sa seule valeur marchande. S'il fallait d&#233;finir d'une mani&#232;re brutale le remake, on pourrait d'abord le penser comme un dispositif &#233;conomique et id&#233;ologique. Il s'agit essentiellement d'adapter une r&#233;ussite cin&#233;matographique ant&#233;rieure &#224; une g&#233;n&#233;ration nouvelle, en adaptant l'&#339;uvre pass&#233;e aux codes de l'actualit&#233;. C'est cette standardisation de la production marchandisante &#8212;interdisant finalement toute &#233;ducation cin&#233;philique&#8212; qui neutralise la d&#233;marche artistique au profit d'un produit de consommation, comme le prouve, par exemple, &lt;i&gt;Planet of The Apes&lt;/i&gt; (2001) de Tim Burton. Mais c'est quand un artiste cherche, dans le remake, &#224; d&#233;gager des enjeux esth&#233;tiques propres au mat&#233;riau cin&#233;matographique que l'on peut quitter la forme r&#233;ifiante du remake. C'est justement tout l'enjeu d'&lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt; d'Olivier Assayas.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Comme le souligne Jean-Fran&#231;ois Rauger, le remake am&#233;ricain (car le remake est essentiellement am&#233;ricain) est une v&#233;ritable &#034;programmation du regard&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rauger, Jean-Fran&#231;ois, Remakes am&#233;ricains, in Pour un cin&#233;ma compar&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui tire le film vers cet objet de consommation adapt&#233; &#224; un public, &#224; une id&#233;ologie dominante, &#224; un cahier des charges &#233;conomique, ou m&#234;me l'attente d'effets sp&#233;ciaux ou de pyrotechnique. Ce recyclage qui formate est celui de l'industrie culturelle et de ses m&#233;canismes de neutralisation tels qu' Adorno et Horkheimer les ont d&#233;finis et &#233;tudi&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Constatant que le capitalisme instaure un syst&#232;me de ressemblance en vue d'une uniformisation de la soci&#233;t&#233;, Horkheimer et Adorno soulignent ensuite que le &#8220;&lt;i&gt;business &lt;/i&gt; : [ ]est l&#224; leur v&#233;rit&#233; et leur id&#233;ologie&#8221;. Ils avancent l'id&#233;e que l'industrie culturelle fonctionne par formule et se sert de la technologie comme facteur de standardisation, par l'augmentation de la production de masse. Soulignant encore que l'amusement devient le lieu d'adaptation &#224; l'automatisation du travail par une autre forme de standardisation, les auteurs montrent que &#8220; [dans] le capitalisme avanc&#233;, l'amusement est le prolongement du travail &#8221;. Mais &#8220;[la] lib&#233;ration promise par l'amusement est la lib&#233;ration du penser en tant que n&#233;gation&#8221; c'est-&#224;-dire la n&#233;gation totale de tout jugement critique au profit des valeurs standardis&#233;es et r&#233;pressives de l'industrie culturelle ; c'est cette magie (son illusion v&#233;hicul&#233;e par l'industrie culturelle c'est-&#224;-dire l'id&#233;ologie du lib&#233;ralisme) que les auteurs appellent &#8220;une forme d'impuissance&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Horkheimer, Max et Adorno, Th&#233;odor W., La dialectique de la raison, Traduit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt; d'Olivier Assayas traite de cette forme d'impuissance comme prolongement des m&#233;canismes &#233;conomiques neutralisants et envisage a contrario l'audace de la cr&#233;ation. Le r&#233;alisateur Ren&#233; Vidal (interpr&#233;t&#233; par Jean-Pierre L&#233;aud) est charg&#233; du remake d'un &#233;pisode des &lt;i&gt;Vampires&lt;/i&gt; de Louis Feuillade. Il choisit la com&#233;dienne hong-kongaise Maggie Cheung pour interpr&#233;ter le r&#244;le d'Irma Vep (interpr&#233;t&#233;e dans la version originale par la troublante Musidora). Le film d'Assayas explore cette rencontre (celle d'un personnage, d'une alt&#233;rit&#233;, d'un tournage) et met en forme les enjeux esth&#233;tiques et id&#233;ologiques de ce projet. L'&#233;chec du projet de Vidal n'est qu'apparent. Ce qui &#233;choue, c'est moins la possibilit&#233; de faire un film que de refaire &lt;i&gt;Les Vampires&lt;/i&gt;. Comprenant qu'il ne peut rien refaire, Vidal essaye de faire autre chose. Ce cr&#233;ateur ne veut pas &#234;tre dans la r&#233;p&#233;tition mais dans l'instauration de la diff&#233;rence au c&#339;ur m&#234;me de ce qui se r&#233;p&#232;te. En ce sens le choix de Maggie, le choix de cette com&#233;dienne asiatique (si incompr&#233;hensible &#224; Murano, r&#233;alisateur qui reprendra le projet du remake apr&#232;s l'abandon de Vidal) n'est pas l'aboutissement de cette diff&#233;rence mais seulement l'instauration d'une vibration, celle de la n&#233;cessaire diff&#233;rence. Ce film &#8220;moderne&#8221; que veut Vidal ne peut se contenter de cette pr&#233;sence. Elle n'est qu'une &#233;tape instauratrice. Au del&#224; du caract&#232;re symbolique de la com&#233;dienne, c'est la mati&#232;re m&#234;me du cin&#233;matographique qui est enjeu de diff&#233;rence. Ce retrait, ce renoncement, cette forme de dessaisissement et de vidage qui occupe le film sont les termes du processus ironique. L'ironie ici n'est pas une apparence, un &#233;cran qui r&#233;serve (se r&#233;serve) mais est ce qui se noue dans le para&#238;tre (ce qui appara&#238;t). L'ironie occupe les voies lat&#233;rales de cette apparition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'image n'est pas un objet, mais un &#171; processus &#187;. &#187; Deleuze, Gilles, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est ce qui est &#8220;&#224; l'&#339;uvre&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La modernit&#233;, pr&#233;cis&#233;ment, est d'embl&#233;e &#224; l'&#339;uvre. &#187; Lauxerois, Jean, De (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans l'art. Ceci permet de comprendre la col&#232;re de Vidal lors du visionnage des rushs lorsqu'il constate l'&#233;chec de la reduplication. C'est le signe tangible du constat solitaire de l'insatisfaction, l'entr&#233;e dans la pr&#233;carit&#233; de la pens&#233;e, cette distance moderne qui ouvre les voies de l'ironie et permettra &#224; Vidal de faire autre chose. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; En somme, le travail du r&#233;alisateur (Vidal) est de retrouver la part de ce simulacre essentiel et vain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit ici de se demander si nous ne pourrions pas trouver dans Irma Vep (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'est l'art. C'est la raison pour laquelle il refuse d'entrer dans le &lt;i&gt;remake&lt;/i&gt; c'est-&#224;-dire d'&#234;tre l'agent de cette mise en ordre du mouvement dont parle Lyotard. Contre l'&#8220;incessante organisation des mouvements&#8221; Vidal choisit la &#8220;disconvenance&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lyotard, Ibid, p.358.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tout comme Assayas choisit l'intensit&#233; esth&#233;tique du trembl&#233;, du mal cadr&#233;, de la rapidit&#233;, de l'elliptique. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;Irma Vep &lt;/i&gt;est un film qui ne fait pas retour mais qui se constitue sur l'exploration d'une fracture. Il brise en dedans l'ordre cin&#233;matographique pour une forme de disconvenance critique. Contre le travail r&#233;pressif de la mise en sc&#232;ne, d&#233;velopp&#233;e par Lyotard et induite dans le remake, &lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt; instaure un d&#233;sordre dans son moment formel (la derni&#232;re s&#233;quence). Le travail du metteur en sc&#232;ne (Vidal comme Assayas) est donc de &#8220;faire du cin&#233;ma&#8221; et non de &#8220;faire une histoire&#8221; (en faire toute une histoire). Il s'agit pour lui de rester vigilant devant le travail r&#233;pressif de la mise en sc&#232;ne. C'est donc au-dedans de l'image qu'il nourrira son &#233;cart, dans le travail (solitaire) du montage. C'est l&#224; qu'il r&#233;ussira &#224; &#339;uvrer, &#224; peupler les images du d&#233;sordre de l'&#339;uvre. Ce qui est mont&#233;, puis montr&#233;, ce n'est pas l'impossibilit&#233; de l'&#339;uvre. L'&#339;uvre d&#233;borde toujours sa propre impossibilit&#233;. Ie film de Vidal est ce d&#233;bordement critique : il met en jeu le sens et les conditions du faire cin&#233;matographique. C'est l&#224; le paradoxe auquel Vidal se confronte : lui veut faire, d'autres lui demandent de re-faire. Vidal est lui-m&#234;me dans l'alt&#233;rit&#233;, dans l'&#233;cart du syst&#232;me qui le rejettera mais dont il se servira pour asseoir une &#339;uvre, si ind&#233;cidable soit-elle. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; Quitter la r&#233;p&#233;tition, c'est envisager ce concept de r&#233;p&#233;tition &#224; la lumi&#232;re de Lyotard dans &lt;i&gt;l'acin&#233;ma&lt;/i&gt;. La r&#233;p&#233;tition y d&#233;signe la caract&#233;ristique fondamentale du capitalisme, le &#8220;revenu&#8221; qui impose le retour au m&#234;me afin de discipliner le mouvement et le contraint &#224; l'unit&#233; normative d'un syst&#232;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La mise en ordre, selon lyotard consiste &#171; &#224; disposer la mati&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ailleurs, le syst&#232;me se prot&#232;ge de toute &#8220;dissonance&#8221; en r&#233;sorbant le &#8220;divers dans l'unit&#233;&#8221;, en soumettant l'alt&#233;rit&#233; &#224; &#8220;la loi du retour&#8221;, cette loi renvoyant la disconvenance au mot d'ordre du mouvement, &#224; un simple &#8220;d&#233;tour&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.361.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette r&#233;p&#233;tition est celle du remake. Or Vidal s'inscrira d'une mani&#232;re radicale dans la mise en d&#233;sordre de cette notion.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Si la citation permet d'op&#233;rer un lien disjonctif, ouvrant sur l'&#233;cart &#339;uvrant, le remake s'inscrit dans une r&#233;duction au m&#234;me de l'acte cin&#233;matographique. Pourquoi re-faire Feuillade alors que Vidal a toujours entendu &#8220;faire&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se souviendra qu'au-del&#224; de la notion &#233;tymologique latine (facere), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du cin&#233;ma. Pour Jean-Fran&#231;ois Rauger, il y a deux motivations contradictoires dans le remake : d'un c&#244;t&#233; le &#8220;vouloir-d&#233;faire&#8221; c'est-&#224;-dire critiquer le mod&#232;le et r&#233;v&#233;ler ce qu'il cachait, et de l'autre c&#244;t&#233; le &#8220;vouloir-refaire&#8221; &#233;voqu&#233; comme &#8220;le plaisir enfantin de la r&#233;p&#233;tition&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.241.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce plaisir n'est pas une relecture mais identifie plut&#244;t le remake au fait de &#8220;revoir un film&#8221;. L'identification parfaite du remake au mod&#232;le devient alors &#8220;un nouvel acte de consommation&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.241.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En terme lyotardien, on pourrait dire ici que le remake n'est que le retour du revenu pour poursuivre la reproduction du m&#234;me (&#8220;la loi du retour&#8221;), bref &#8220;l'organisation cyclique du capital&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lyotard, L'acin&#233;ma, Art. cit., p.362.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;galement envisag&#233;e par Rauger. Ces remarques renvoient &#224; une autre analyse de Jean-Fran&#231;ois Lyotard. Dans &lt;i&gt;R&#233;&#233;crire la modernit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lyotard, Jean-Fran&#231;ois, L'inhumain , causerie sur le temps, Paris, Galil&#233;e, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;/i&gt; le philosophe interroge la modernit&#233;, le sens de ce &lt;i&gt;&#233;crire-r&#233;-&#233;crire&lt;/i&gt; afin de, une fois de plus, critiquer le postmoderne. Pour cela, il fait appel &#224; la distinction freudienne du r&#233;p&#233;tition-rem&#233;moration-perlaboration et s'attache plus particuli&#232;rement au processus analytique de la perlaboration qu'il transforme peu ou prou en concept esth&#233;tique d'&#233;mancipation. Mais surtout la perlaboration devient un concept esth&#233;tique de la modernit&#233;. En terme freudien, la perlaboration est avant tout un concept qui participe du mouvement de la cure. Elle permet d'accepter une r&#233;sistance d&#233;j&#224; interpr&#233;t&#233;e, de la surmonter. La perlaboration est donc &#171; une r&#233;p&#233;tition mais modifi&#233;e par l'interpr&#233;tation et de ce fait susceptible de favoriser le d&#233;gagement du sujet &#224; l'endroit de ses m&#233;canismes r&#233;p&#233;titifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laplanche, J., et Pontalis, J.-B., Vocabulaire de psychanalyse, sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Agissant comme une &#8220;attention flottante&#8221;, la perlaboration permet &#224; Lyotard de renvoyer ce processus d'&#233;mancipation &#224; l'esth&#233;tique en avan&#231;ant que &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt; &lt;br/&gt; [l]a saisie esth&#233;tique des formes n'est possible que si l'on renonce &#224; toute pr&#233;tention de ma&#238;triser le temps par une synth&#232;se conceptuelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lyotard, R&#233;&#233;crire la modernit&#233;, Op. cit., page 41.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; L'enjeu d'&lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt; est de d&#233;placer le remake des &lt;i&gt;Vampires&lt;/i&gt; de Feuillade dans la cr&#233;ation d'une forme propre. L'&#233;chec apparent de l'entreprise de Vidal (sa d&#233;pression, le d&#233;part de Maggie) laisse pourtant l'incroyable r&#233;ussite d'une exp&#233;rience cin&#233;matographique devenue mati&#232;re. La s&#233;quence finale d'&lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt; pr&#233;sente en effet le film inachev&#233; de Vidal, mont&#233; et travaill&#233; en secret. La pellicule, le photogramme, sa manipulation directe deviennent le mat&#233;riau de cette exp&#233;rience. En effet, les s&#233;quences tourn&#233;es sont gratt&#233;es, redessin&#233;es directement sur la pellicule. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Ce grattage final est d'abord un geste qui attaque l'image. Plus que l'image, c'est une v&#233;ritable extraction du dispositif. Il s'agit d'effacer l'appareil enregistrant, la cam&#233;ra. En attaquant son propre dispositif, c'est l'&#233;l&#233;ment g&#233;n&#233;tique du cin&#233;ma (le photogramme tout comme le montage dans son al&#233;atoire moderne) qui se dit tout en polluant sa perception par le geste de l'artiste. Ce geste dans sa visibilit&#233; se r&#233;approprie la mati&#232;re filmique, son invisibilit&#233;, en s'extrayant de l'appareil. L'exp&#233;rience du &#8220;cin&#233;ma sans cam&#233;ra&#8221; prend ici un sens oblique dans ce double &#233;v&#233;nement de cr&#233;ation qu'est le montage-grattage. Non seulement il s'agit de construire le mouvement dans le photogramme mais surtout d'instaurer la temporalit&#233;. C'est tout le probl&#232;me du pr&#233;sent qui se pose : comment rendre visible le corps cin&#233;matographique dans sa forme moderne, passer du &lt;i&gt;remake&lt;/i&gt; au faire. Bref, il s'agit s'instaurer le pr&#233;sent dans son insaisissable fondamental, entre un &#8220;pas encore&#8221; et un &#8220;d&#233;j&#224; plus&#8221;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lyotard, Le temps, aujourd'hui, in, L'inhumain, Op. cit., page 70.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. Une image&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt; &lt;br/&gt; ne cesse d'&#233;changer les deux images distinctes qui le constituent, l'image actuelle du pr&#233;sent qui passe et l'image virtuelle du pass&#233; qui se conserve : distinctes et pourtant indiscernables, et d'autant plus indiscernables que distinctes, puisqu'on ne sait pas laquelle est l'une, laquelle est l'autre. C'est l'&#233;change in&#233;gal, ou le point d'indiscernabilit&#233;, l'image mutuelle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deleuze, L'image-temps, Paris, les Editions de minuit, 1985, page 109.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;br/&gt; Donc l'&#233;v&#233;nement de cette s&#233;quence finale est l'&#233;mergence fulgurante d'une forme moderne, lieu de diff&#233;rence dans la m&#234;met&#233; (le m&#234;me de l'image, ce brouillard de diff&#233;renciation) c'est-&#224;-dire le laps temporel du processus ironique. C'est le paradoxe de ce grattage-empreinte qui extrait de la visibilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; La s&#233;quence finale est un stratag&#232;me de la surprise, de l'apr&#232;s coup du processus ironique. Cette s&#233;quence ne saurait &#234;tre un r&#233;sultat. Elle est au contraire ce qui ouvre au sens, &#224; son m&#233;contentement, &#224; l'&#339;uvre &#339;uvrant son propre d&#233;s&#339;uvre pour reprendre la terminologie de Maurice Blanchot. Ce qu'elle ouvre c'est la forme de l'ind&#233;cidable, le pr&#233;sent de la modernit&#233;. C'est pourquoi cette visibilit&#233; est paradoxale car elle n'est pas transparence, pas plus qu'obscurit&#233;. Elle est du c&#244;t&#233; du d&#233;bordement, de l'inconcili&#233;. Pour Adorno, le temps de la modernit&#233; est le temps de la conscience malheureuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le temps de &#171; l'art[&#8230;] promesse de bonheur, mais promesse trahie. &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est le temps de l'ind&#233;cision, point critique coinc&#233; entre le pass&#233; et le futur. C'est donc ce temps qui s'organise comme &#8220;autre maintenant&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lauxerois parle avec cet &#8220;autre maintenant&#8221; de dire ensemble &#171; l'avenir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui ouvre sur &lt;i&gt;autre chose&lt;/i&gt;. Ainsi le temps de la modernit&#233; cherche-t-il &#224; combattre l'exercice de refoulement de la diff&#233;rence v&#233;hicul&#233; par l'id&#233;ologie dominante. L'ironie, organis&#233;e &#224; partir de son oblicit&#233; et de sa claudication, est un processus qui sape et interroge la m&#234;met&#233; contemporaine, entendue comme id&#233;ologie de la r&#233;conciliation. Cette r&#233;conciliation n'est qu'une transparence de l'ali&#233;nation de l'imm&#233;diatet&#233; (notamment l'imm&#233;diatet&#233; du d&#233;sir, d'un d&#233;sir cumulatif et spectaculaire). Et l'ironie dans sa forme et son processus combat, ou plus sourdement s'oppose &#224; ce mouvement contemporain triomphant d'un techno-capitalisme qui, avec cette imm&#233;diatet&#233;, cherche le &#8220;contr&#244;le du temps&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lyotard, Le temps, aujourd'hui, Art. cit., p. 79.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; La s&#233;quence finale d'&lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt; est un travail du n&#233;gatif (au sens propre comme au sens figur&#233;). Il se constitue dans la contrari&#233;t&#233; du principe de mise en ordre. C'est ici un cin&#233;ma qui s'insoumet &#224; l'ordre, &#224; cette &#8220;normalisation libidinale&#8221;. Contre la repr&#233;sentation r&#233;pressive, l'id&#233;e de pr&#233;sentation devient une ligne de combat reposant sur l'abandon du concept traditionnel d'art par l'exp&#233;rience immanente de l'&#339;uvre comme diff&#233;rence. Ce qu'Adorno nomme l'effrangement est l'accomplissement du mat&#233;riau comme moment de la forme, c'est-&#224;-dire l'exploration d'une unit&#233; n&#233;cessairement plurielle. Un mat&#233;riau y trouvant dans sa singularit&#233; l'action critique retourne et refuse la pr&#233;dication traditionnelle. La pr&#233;sence qui s'impose dans le processus ironique n'est pas une pr&#233;sence sensible de l'image ni une forme en-soi. Cette pr&#233;sence ne s'impose que dans un processus diff&#233;rentiel, dans une recherche d'autre chose. Cette recherche est l'exercice de la pens&#233;e non pas dans un hypoth&#233;tique devenir mais dans la pr&#233;sence elle-m&#234;me. Car la pr&#233;sence n'est, dans le processus ironique que dans l'&#233;cart qu'elle produit. En cela, elle ne saurait se r&#233;duire &#224; une imm&#233;diatet&#233; ph&#233;nom&#233;nale non m&#233;diatis&#233;e. Car le retournement dialectique de l'image dans le processus ironique conduit &#224; l'id&#233;e d'une exp&#233;rience de pens&#233;e &#233;laborant une signification et une action sur le monde.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Avec le film d'Assayas, c'est la fragmentation qui nous &#233;loigne de la repr&#233;sentation pour nous faire entrer dans la pr&#233;sentation, la pr&#233;sence moderne. Ind&#233;niablement la s&#233;quence finale joue &#233;galement ce r&#244;le dans &lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt;. Les ellipses, le montage, les paroles inachev&#233;es, le choix de la cam&#233;ra &#224; l'&#233;paule qui repose la question du plan, les d&#233;multiplications qui ponctuent le film tracent cet espace esth&#233;tique de la fragmentation. Foucault op&#232;re cette distinction entre la pr&#233;sentation et la repr&#233;sentation. Cette distinction permet de dessiner une ligne tremblante de cette modernit&#233; ironique. En construisant une analyse des structurations id&#233;ologiques, intellectuelles, culturelles des diff&#233;rentes p&#233;riodes de l'&#226;ge moderne, Foucault permet de comprendre que la d&#233;liaison pr&#233;sentative moderne (qui s'oppose &#224; la repr&#233;sentation de l'&#226;ge classique) est un refus de la ressemblance (la conformit&#233; &#224; l'Un-tout). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; C'est donc en rompant avec l'id&#233;al du patrimoine cin&#233;matographique, en refusant la conformit&#233; par une esth&#233;tique fragment&#233;e, une fragilit&#233; qui se d&#233;robe, une forme singuli&#232;re induisant par son mouvement, sa construction al&#233;atoire, que s'&#233;labore, dans &lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;un mat&#233;riau ouvrant le mouvement et la relation dynamique et critique avec l'id&#233;e de l'art. Ce processus singulier, cette m&#233;canique c&#233;libataire est celle de l'ironie moderne. &lt;i&gt;Irma Vep &lt;/i&gt;envisage non seulement la vitalit&#233; artistique du cin&#233;ma mais aussi de prendre la mesure de son audace esth&#233;tique : une mati&#232;re qui interroge ses propres formes dans une d&#233;marche critique. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Vocabulaire d'esth&#233;tique&lt;/i&gt;, Etienne Souriau, publi&#233; sous la direction d'Anne Souriau, Paris, Quadrige/PUF, 1999, page 191-192.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les r&#233;ussites sont ici l&#233;gions de Pierre Huyghe &#224; Douglas Gordon en passant par Vibeke Tandberg, Dominique Gonzalez-Foerster , Brice Dellsberger, ou Laure Texier, Chantal Akerman.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lyotard, Jean-Fran&#231;ois, &lt;i&gt;L'acin&#233;ma&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;in Cin&#233;ma : th&#233;orie, lectures&lt;/i&gt;, textes r&#233;unis et pr&#233;sent&#233;s par Dominique Noguez, Revue d'esth&#233;tique, num&#233;ro sp&#233;cial, Paris, Klincksieck, premi&#232;re &#233;dition 1973, deuxi&#232;me &#233;dition revue et mise &#224; jour 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;, page 364.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;, page 358.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rauger, Jean-Fran&#231;ois, &lt;i&gt;Remakes am&#233;ricains&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;in Pour un cin&#233;ma compar&#233;, influences et r&#233;p&#233;titions&lt;/i&gt;, conf&#233;rences du Coll&#232;ge d'histoire de l'art cin&#233;matographique, sous la direction de Jacques Aumont, Paris, la Cin&#233;math&#232;que fran&#231;aise, 1996, page 241.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Horkheimer, Max et Adorno, Th&#233;odor W., &lt;i&gt;La dialectique de la raison&lt;/i&gt;, Traduit de l'allemand par Eliane Kaufholz, Paris, Gallimard, collection Tell, 1944 pour l'&#233;dition originale, 1974 pour la traduction fran&#231;aise, 1996 pour notre &#233;dition, pages 130 &#224; 153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'image n'est pas un objet, mais un &#171; processus &#187;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Deleuze, Gilles, &lt;i&gt;L'&#233;puis&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt;, Beckett, Samuel, &lt;i&gt;Quad&lt;/i&gt;, Paris, Les &#233;ditions de minuit, 1992, page 72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La modernit&#233;, pr&#233;cis&#233;ment, est d'embl&#233;e &lt;i&gt;&#224; l'&#339;uvre&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lauxerois, Jean, &lt;i&gt;De l'art &#224; l'&#339;uvre (I), Petit manifeste pour une politique de l'&#339;uvre&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 1999, page 52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit ici de se demander si nous ne pourrions pas trouver dans &lt;i&gt;Irma Vep&lt;/i&gt; une formulation, une esquisse de ce que Lyotard appelait l'acin&#233;ma c'est-&#224;-dire un cin&#233;ma ouvert au d&#233;bordement (libidinal) contre la mise en ordre du mouvement par la &#8220;normalisation libidinale&#8221;(p.364) ob&#233;issant &#224; &#8220;[la] loi de la valeur&#8221;(p.358). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si donc il est un artiste, c'est assur&#233;ment parce qu'il produit un simulacre, mais c'est d'abord que ce simulacre n'est pas un objet de valeur valant pour un autre objet, avec lequel il se composerait, se compenserait et se refermerait en un ensemble r&#233;gl&#233; par quelque loi de constitution (en structure de groupe par exemple). Il importe au contraire que toute la force &#233;rotique investie dans le simulacre y soit promue, d&#233;ploy&#233;e et br&#251;l&#233;e en vain. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lyotard, Jean-Fran&#231;ois, &lt;i&gt;L'acin&#233;ma&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p.359.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lyotard, &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p.358.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La mise en ordre, selon lyotard consiste &#171; &#224; disposer la mati&#232;re cin&#233;matographique selon la figure du &lt;i&gt;revenu&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi &#171; les mouvements du cin&#233;ma [seront] en g&#233;n&#233;ral ceux du revenu c'est-&#224;-dire la r&#233;p&#233;tition du m&#234;me et sa propagation. &#187; Donc &#171; [t]oute forme dite bonne implique le retour du m&#234;me, le rabattement du divers sur l'unit&#233; identique. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lyotard, &lt;i&gt;Art. cit.&lt;/i&gt;, p.361.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p.361.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On se souviendra qu'au-del&#224; de la notion &#233;tymologique latine (&lt;i&gt;facere&lt;/i&gt;), &#8220;faire&#8221; signifie avant tout &#8220;r&#233;aliser&#8221;, ce qui ne tombe pas si mal pour un film de cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; Ibid.&lt;/i&gt;, p.241.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p.241.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lyotard, &lt;i&gt;L'acin&#233;ma&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Art. cit.&lt;/i&gt;, p.362.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lyotard, Jean-Fran&#231;ois, &lt;i&gt;L'inhumain , causerie sur le temps&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, collection D&#233;bats, 1988, pages 33 et suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laplanche, J., et Pontalis, J.-B., &lt;i&gt;Vocabulaire de psychanalyse&lt;/i&gt;, sous la direction de Daniel Lagache, Paris, Presses Universitaires de France, premi&#232;re &#233;dition 1967, 1997, page 306.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lyotard, &lt;i&gt;R&#233;&#233;crire la modernit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, page 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lyotard, &lt;i&gt;Le temps, aujourd'hui&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'inhumain&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, page 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deleuze, &lt;i&gt;L'image-temps&lt;/i&gt;, Paris, les Editions de minuit, 1985, page 109.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le temps de &#171; l'art[&#8230;] promesse de bonheur, mais promesse trahie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Adorno, T. W., &lt;i&gt;Th&#233;orie esth&#233;tique&lt;/i&gt;, traduit de l'allemand par Marc Jimenez et Eliane Kaufholz, nouvelle traduction, nouvelle &#233;dition revue et corrig&#233;e, Paris, Klincksieck, collection d'esth&#233;tique, 1995, page 193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lauxerois parle avec cet &#8220;autre maintenant&#8221; de dire ensemble &#171; l'avenir comme catastrophe et l'&#339;uvre d'art comme ouverture du nouveau &#187; (p.54). C'est l&#224;, selon lui, la force, le travail de l'&#339;uvre c'est-&#224;-dire &#171; instituer le temps comme lieu de la diff&#233;rence. Diff&#233;rence des temps. Et diff&#233;rence constitutive de l'humain. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lauxerois, &lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lyotard, &lt;i&gt;Le temps, aujourd'hui&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Art. cit.&lt;/i&gt;, p. 79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ann Lee, image rebelle </title>
		<link>https://sebastienrongier.net/spip.php?article353</link>
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		<dc:date>2021-12-01T20:53:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Huyghe, Pierre</dc:subject>
		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>
		<dc:subject>Rongier S&#233;bastien</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Art Pr&#233;sence, num&#233;ro 42, avril-mai-juin 2002&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Huyghe, Pierre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot171" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;Rongier S&#233;bastien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment s'est faite la rencontre avec Jean-Pierre Gloro et Ghislaine Trividic qui animaient cette belle revue d'art contemporain en marge des espaces parisiens ? Je crois que c'est gr&#226;ce au galeriste Philippe Casini qui m'avait confi&#233; quelques num&#233;ro. J'avais &#233;crit. Et apr&#232;s quelques &#233;changes chaleureux, une collaboration denses sur 7 num&#233;ros de cette revue trimestrielle, num&#233;ros au cours desquels j'ai pu d&#233;velopp&#233; quelques esquisses de r&#233;flexion qu'on retrouvera notamment dans &lt;i&gt;Cin&#233;mati&#232;re&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cette premi&#232;re collaboration, la revue &lt;i&gt;Art pr&#233;sence&lt;/i&gt; acceptait ma proposition de travail sur le personnage d'Ann Lee... qui allait faire la couverture de la revue. Une tr&#232;s belle couverture. Fiert&#233; ! Voici le texte tel qu'il a paru, sans ajout ni modifications.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ann Lee, image rebelle. &#187;, Art Pr&#233;sence, num&#233;ro 42, avril-mai-juin 2002.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L450xH600/img_9354_-_copie-6d733.jpg?1750105382' width='450' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ann Lee &#233;tait &#034;la fille d'un forgeron illettr&#233; de Manchester en Angleterre au d&#233;but de la R&#233;volution industrielle, qui fonda les Shakers&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dan Graham, Rock My Religion (1982) in Rock/music Textes, traduit de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une communaut&#233; religieuse puritaine qui d&#233;barqua en Am&#233;rique &#224; la fin du XVIII&#233;me si&#232;cle pour y fonder une th&#233;ocratie. On d&#233;couvrait l'existence de ce personnage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emprisonn&#233;e en Angleterre comme sorci&#232;re et partie en Am&#233;rique en second (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au d&#233;but de la vid&#233;o de Dan Graham &lt;i&gt;Rock My Religion, &lt;/i&gt;r&#233;alis&#233;e apr&#232;s la r&#233;daction de l'article du m&#234;me nom. Dan Graham, poursuivant son interrogation sur les enjeux symboliques et id&#233;ologiques du rock, montrait au travers de la naissance de ce mouvement musical, des Hippies et surtout de la chanteuse Patti Smith, combien les repr&#233;sentations sexuelles du rock am&#233;ricain &#233;taient li&#233;es aux repr&#233;sentations religieuses et puritaines de ce pays tout en &#233;tant indissociables des questions &#233;conomiques et commerciales de cette culture.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Ann Lee est aujourd'hui un personnage, une figure, une exp&#233;rience cl&#233; de l'art contemporain.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Or, la Ann Lee contemporaine n'a gu&#232;re de points communs avec l'illumin&#233;e du XVIII&#233;me si&#232;cle. C'est la surprise r&#233;troactive de retrouver ce nom oubli&#233; dans la vid&#233;o de Dan Graham. Et pourtant certains liens pourraient &#234;tre imaginables non pas entre les deux Ann Lee mais avec le propos de Graham quant aux enjeux id&#233;ologiques tiss&#233;s par ces rapprochements.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Alors qui est-elle ? Qui est ce personnage qui est entr&#233; dans l'horizon contemporain de l'art ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Au d&#233;part Ann Lee est un personnage de Manga ou plus exactement le produit de l'agence graphique japonaise Kworks. Cette agence sp&#233;cialis&#233;e dans la cr&#233;ation de personnages pour l'industrie de la bande dessin&#233;e, du dessin anim&#233; ou de la publicit&#233; avait imagin&#233; ce personnage cod&#233;, pr&#233;fabriqu&#233; comme un personnage secondaire, &#224; la psychologie tr&#232;s sommaire, finalement destin&#233;e &#224; mourir aussi vite qu'elle serait apparu dans la fiction &#224; laquelle elle aurait &#233;t&#233; destin&#233;e. Ainsi Ann Lee, silhouette mauve coinc&#233;e parmi d'autres images vides dans les books de Kworks trouva-t-elle un acqu&#233;reur avec la maison de production Anna Sanders films cr&#233;&#233;e par les artistes fran&#231;ais Philippe Parreno et Pierre Huyghe. Sous la forme d'un fichier informatique achet&#233; 46000 yen, Ann Lee allait devenir un projet artistique baptis&#233; &lt;i&gt;No Ghost, Just a Shell&lt;/i&gt;. Ce projet, en apparence simple, consiste &#224; mettre &#224; la disposition d'artistes Ann Lee afin qu'ils donnent &#224; cette figure un caract&#232;re et explorent ses possibles. A cette heure Ann Lee a fait l'objet de quatre r&#233;alisations : &lt;i&gt;Anywhere out of the World&lt;/i&gt;, vid&#233;o de quatre minutes de Philippe Parreno de 2000, &lt;i&gt;Two minutes out of Time&lt;/i&gt;, vid&#233;o de quatre minutes de Pierre Huyghe de 2000 et &lt;i&gt;Ann Lee in Anzen Zone&lt;/i&gt;, vid&#233;o de trois minutes vingt cinq secondes de Dominique Gonzalez-Foerster en 2000. Enfin, en 2001, Pierre Huyghe, invit&#233; du pavillon fran&#231;ais de la 49&#232;me biennale de Venise, int&#233;grait un nouvel &#233;pisode au projet. &lt;i&gt;One Million Kigdoms&lt;/i&gt; est le titre de cette derni&#232;re vid&#233;o. D'autres collaborations sont annonc&#233;es (Rivkit Tiravanija, Liam Gillick ou Pierre Joseph). Mais l'on aura bien &#224; l'esprit qu'il ne s'agit pas, dans les propositions artistiques d&#233;velopp&#233;es par Gonzalez-Foerster, Huyghe et Parreno, d'accumulation d'&#233;pisodes formant une s&#233;rie. C'est bien au contraire une exp&#233;rience transformante qui interroge les conditions d'existence d'une forme ext&#233;rieure. Ann Lee achet&#233;e 46000 yen est donc au d&#233;part la repr&#233;sentation visuelle d'une forme ou plus exactement une figure qui deviendra une pr&#233;sence par le travail de ces artistes. La figure est forme ext&#233;rieure, repr&#233;sentation visuelle ; elle devient pr&#233;sence parce que les artistes interrogent d'abord les conditions de son interpr&#233;tation, le sens qui peut se d&#233;gager de cette extraction de la marchandise d&#233;corative qu'&#233;tait Ann Lee. Bref, en postulant le possible d'Ann Lee, c'est tout une critique et de l'industrie culturelle, et des enjeux de l'art contemporain qui germe ici.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Ann Lee pose la question du statut de son existence face au spectacle, objet des formes contemporaines de l'industrie culturelle ; elle est donc d'abord la forme vide de ce spectacle-l&#224;, figure de cette culture industrielle, image n&#233;e de l'entreprise Kworks. Elle &#233;tait sans avenir sinon dans cette consommation qui la condamnait &#224; demeurer une figure vide. Elle aurait d&#233;cor&#233; l'arri&#232;re-plan d'une fiction, objet d'un pr&#234;t-&#224;-consommer sc&#233;naristique. Oubli&#233;e avant m&#234;me d'avoir exist&#233;, elle aurait &#233;t&#233; l'illustration de la culture de la soci&#233;t&#233; de la consommation construisant une amn&#233;sie g&#233;n&#233;rale, une neutralisation syst&#233;matique pour ne laisser place qu'au seul acte d&#233;sormais jug&#233; important : l'acte de consommer. Or, en d&#233;cidant d'ouvrir cette figure &#224; son propre possible, Huyghe, Parreno et Gonzalez-Foerster s'opposent d'abord &#224; l'assujettissement d'Ann Lee aux formes marchandes de sa r&#233;ification. Ils r&#233;duisent &#224; n&#233;ant les aspects divertissants de cette figure de manga. Gr&#226;ce aux quatre opus d'&lt;i&gt;Ann Lee&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;nous ne sommes pas dans le plaisir de l'illustration, ni dans l'&lt;i&gt;entertainment&lt;/i&gt;, nouvelle modalit&#233; du monde de l'art mais bien dans ses questionnements. L'art contemporain ne &#034;sauve&#034; pas Ann Lee mais ouvre notamment avec elle l'interrogation de la marchandisation de l'art contemporain par l'industrie culturelle. Cette interrogation, parmi d'autres, et l'implication d'un sens ne sauvent rien. C'est au contraire un &#233;l&#233;ment induisant du d&#233;sordre et de l'incertitude (ce &#034;possible&#034; d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;) contre la nouvelle mise en ordre d'une id&#233;ologie dominante. D&#232;s le d&#233;part le projet s'inscrit comme contre-pied critique des formes culturelles contemporaines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mais l'on voit bien la situation paradoxale et probl&#233;matique d'Ann Lee, ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Prendre ce personnage de manga n'est &#233;videmment pas indiff&#233;rent. Non seulement c'est une figure standardis&#233;e qui participe &#224; la fonctionnalisation de l'activit&#233; artistique mais c'est aussi une image dont la lisibilit&#233; d&#233;passe le simple cadre japonais. Faisant partie d'un langage visuel international, Ann Lee occupe une place fondamentale dans la question de l'&lt;i&gt;entertainment&lt;/i&gt; et de l'image qu'elle g&#233;n&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Le projet &lt;i&gt;No ghost, Just a Shell&lt;/i&gt; est une r&#233;f&#233;rence explicite &#224; &lt;i&gt;Ghost in the Shell &lt;/i&gt;de Oshii, film d'animation qui traitait dans l'esth&#233;tique propre au manga de questions aussi vastes que celles de l'identit&#233;, de la corpor&#233;it&#233; ou de la politique dans une fiction futuriste &#224; l'&#232;re d'une cyberculture s&#233;curitaire et technoscientifique. Cette histoire de fant&#244;me qui s'inscrit dans une probl&#233;matique de l'image tout &#224; fait contemporaine (aussi paradoxal que cela puisse para&#238;tre le fant&#244;me trouve un terrain d'expression fertile avec l'image virtuelle et les probl&#233;matiques cin&#233;matographiques contemporaines) n'est pas celle d'Ann Lee. En refusant &#224; juste titre l'id&#233;e de fant&#244;me (ghost), Huygue et Parreno peuvent interroger l'image contemporaine tant dans sa formulation esth&#233;tique que ses enjeux id&#233;ologiques et critiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que la virtualisation de l'image semble ignorer : elle serait plut&#244;t du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En &#233;tant &lt;i&gt;out of the World&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;out of Time&lt;/i&gt;, Ann Lee peut d'abord &#234;tre cette interrogation sur sa condition d'&#234;tre image. Parreno avait commenc&#233; dans sa vid&#233;o par interroger la consommation de l'image, celle d'Ann Lee justement. Pierre Huyghe avait dans sa premi&#232;re vid&#233;o r&#233;v&#233;l&#233; la pr&#233;sence quasi cin&#233;matographique d'Ann Lee face au spectateur. On y voyait &#224; nouveau ce personnage en trois dimensions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le passage de la 2Ddu dessin &#224; la 3D de l'image de synth&#232;se n'est sans doute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le visage allong&#233; par un front immense, balay&#233; par les m&#232;ches bleues (chez Parreno ou Gonzalez-Foerster) ou violettes (chez Huyghe) de sa chevelure, un nez qui n'est que l'id&#233;e d'un nez et une bouche qui n'est qu'un trait d'o&#249; sortiront les interrogations d'Ann Lee. Ses yeux, quant &#224; eux, ont d&#233;finitivement perdu iris, r&#233;tine, cils et expression, ceux de l'image dessin&#233;e des mangas qui appuient avec outrance les traits &#233;motifs des personnages. Peut-on dire pour autant qu'Ann Lee soit aveugle ? Evidemment non. Elle voit, elle regarde le spectateur, l'horizon, ce qu'elle &#233;tait auparavant, ce qu'elle serait. C'est s&#251;r, elle voit.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Mais c'est Dominique Gonzalez-Foerster qui explore l'identit&#233; d'Ann Lee et son ancien potentiel fictionnel pour l'en d&#233;barrasser et induire dans son monologue et le tissage de ses voix d'autres questions plus effrayantes dans cette r&#233;p&#233;tition en forme de m&#233;lop&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;There will be no satety Zone&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Il n'y aura pas de Zone de s&#233;curit&#233;&#034;. C'est aussi une r&#233;f&#233;rence au titre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Cette impr&#233;cation po&#233;tique qu'est celle d'Ann Lee est bien celle de l'image comme forme de spectacle qui aveugle tout sens et devient cette amn&#233;sie g&#233;n&#233;rale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Etait-ce l&#224; l'id&#233;e apocalyptique d&#233;velopp&#233;e par Marie Lechner &#224; propos de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exp&#233;rience d'Ann Lee nous montre que l'image, quelle que soit son expansion, n'est pas responsable de la d&#233;mission de la pens&#233;e. L'image n'est pas &#034;l&#224;&#034; ; elle n'est pas une pens&#233;e. Elle est &#224; penser. Et c'est &#224; la pens&#233;e seule de penser l'image. S'il y a une d&#233;mission de la pens&#233;e face &#224; l'image, la cause en est la pens&#233;e elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Ann Lee, en tant que pr&#233;sence travers&#233;e par certains artistes contemporains, est enjeu de cette critique qui doit penser les &#233;l&#233;ments id&#233;ologiques de l'image. En ne se conformant pas au connu qu'on allait faire d'elle, Ann Lee devient non-reconnaissance du connu et se transforme en exp&#233;rience du simulacre. Il s'agit ici de reprendre la vieille distinction platonicienne entre copie (ic&#244;ne) et simulacre (phantasme) qui demeure un enjeu crucial pour comprendre les pens&#233;es relativistes qui r&#233;duisent de fa&#231;on m&#233;prisante la pens&#233;e esth&#233;tique. Si Platon accepte la copie comme principe du M&#234;me et de la conformisation (dont on voit aujourd'hui plus que jamais les effets de convention neutralisante) parce qu'elle s'inscrit dans la th&#233;orie de l'Id&#233;e (m&#234;me comme forme d&#233;grad&#233;e, la copie est toujours subsum&#233;e), il refuse et condamne en revanche le simulacre parce qu'il est non conforme &#224; l'id&#233;e du mod&#232;le. C'est bien ce simulacre qui op&#232;re une subversion du principe identitaire (la copie et la norme) pour proposer une non ressemblance ouvrant &#224; la diff&#233;rence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Le simulacre inclut en soi le point de vue diff&#233;rentiel&#034;, Deleuze, Gilles, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; C'est l&#224; tout le paradoxe de l'exp&#233;rience Ann Lee. Elle r&#233;siste &#224; la copie et &#224; la norme pour inventer une identit&#233;, en tout cas son possible, un mat&#233;riau qui ne serait plus une image sublim&#233;e ou subsum&#233;e mais une exp&#233;rience de la pens&#233;e. Aussi Ann Lee est-elle une pr&#233;sence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Inscrire la pr&#233;sence, ce n'est ni la (re)pr&#233;senter, ni la signifier, c'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; plut&#244;t qu'une repr&#233;sentation. Elle s'oppose aux codes, aux codifications et aux instances r&#233;pressives de la repr&#233;sentation inscrites ici comme espace de reduplication id&#233;ologique. La repr&#233;sentation comme espace de mise en ordre oblit&#232;re l'&#233;v&#233;nement constitu&#233; par le simulacre parce que le simulacre est dans l'outrepassement de l'identification&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;[O]utrepasser celle-ci [ la mati&#232;re &#224; m&#233;moire entendu comme instances (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi l'articulation des vid&#233;os &lt;i&gt;No Ghost Just a Shell&lt;/i&gt; ne sont pas dans l'ordre de la r&#233;p&#233;tition c'est-&#224;-dire &#034;l'organisation cyclique du capital&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lyotard, Ibidem, page 362. Cette r&#233;p&#233;tition est fondamentalement pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est bien dans l'&#233;change incertain de la diff&#233;rence que se constitue l'exp&#233;rience d'&lt;i&gt;Ann Lee&lt;/i&gt;. Car, en tournant le dos au mim&#233;tique de l'image (l'ordre de la repr&#233;sentation de l'agence Kworks), &lt;i&gt;Ann Lee &lt;/i&gt;quitte l'imm&#233;diatet&#233; conciliante de la consommation pour &#234;tre un lieu et un temps d'&#233;change, &#224; la fois en dehors du temps et de l'espace pour &#234;tre son propre temps et son propre espace, celui de l'&#339;uvre d'art et son contenu de v&#233;rit&#233;, au sens adornien de l'expression&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire l'objectivation d'une conscience dans l'&#339;uvre dont le mat&#233;riau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tant que pr&#233;sence c'est-&#224;-dire &#233;v&#233;nement d'une pens&#233;e capable de penser ses propres incertitudes et donc de penser l'image dans ce qui se d&#233;robe d'elle-m&#234;me en elle-m&#234;me, cette pr&#233;sence permet de signifier l'image comme passage. En cela elle ne saurait se tenir &#224; sa marchandisation. En red&#233;ployant la question de la pens&#233;e, l'image comme passage sort de l'imm&#233;diatet&#233; de la communication qui n'est que l'exposition du connu pour devenir cette pr&#233;sence, son possible c'est-&#224;-dire un savoir &#224; interpr&#233;ter.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Le processus de d&#233;placement, son caract&#232;re changeant qui, d&#232;s le projet lui-m&#234;me, n'est pas la r&#233;p&#233;tition d'un m&#234;me mais bien l'exploration de ce qui se fait autre conduit &#224; rendre impossible la conformisation &#224; un mod&#232;le d'&#339;uvre. C'est sans doute pourquoi la question du double appara&#238;t comme primordiale dans cette exp&#233;rience. Si l'image d&#233;doubl&#233;e d'Ann Lee dans la vid&#233;o de Parreno fait &#233;cho au syst&#232;me de production qui infantilise et instrumentalise les images dans des fictions vides, elle d&#233;ployait d&#233;j&#224; cette question de son propre statut. Sa mise en pr&#233;sence est une mise en question. Le plan o&#249; l'on voit Ann Lee, personnage en 3 dimensions de l'art contemporain montrant l'image du personnage qu'elle aurait du &#234;tre, &#233;voque cette sortie du monde, cet ailleurs qu'est la question d'elle-m&#234;me, sachant que son statut est celui de l'image. C'est donc dans l'autre de l'image qu'il faut creuser la piste d'Ann Lee c'est-&#224;-dire non pas autre chose que l'image mais bien ce qui se d&#233;robe en elle. Dominique Gonzalez-Foerster explore cette voie. C'est la question de l'espace qui pr&#233;occupe essentiellement le travail de cette artiste. C'est ici la question l'image dans son d&#233;doublement, son dialogue et sa r&#233;versibilit&#233; qui pr&#233;occupe la vid&#233;o de Gozalez-Foerster. Le d&#233;centrement d'Ann Lee (le double, les deux langue&#8230;) renvoie &#224; un processus qui n'offre pas de mod&#232;le mais op&#232;re un renversement dans ce d&#233;doublement. Il ne s'agit pas de produire une &#233;quivocit&#233; pour elle-m&#234;me mais de suivre la dynamique d'un sens qui s'&#233;labore &#224; partir de ses effets d'incertitude. L'image comme espace de cette incertitude devient un lieu transitoire et pr&#233;caire, celui de l'inad&#233;quation : contre l'id&#233;alisme norm&#233; et positif de l'identit&#233; pure d&#233;velopp&#233;e par le concept de totalit&#233;, l'image contemporaine devient le lieu d'une possible dialectisation de cette cl&#244;ture syst&#233;matique. On peut alors penser selon Th&#233;odor Adorno &#034;la non-v&#233;rit&#233; de l'identit&#233;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adorno, Dialectique n&#233;gative, traduit de l'allemand par le groupe de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au travers de son simulacre et ouvrir la pens&#233;e de l'image dans ce processus de d&#233;bordement &#224; sa diff&#233;rence. C'est ici &lt;i&gt;Ann Lee&lt;/i&gt; fondamentalement saisie comme autre : autre de l'image dans l'image, autre de l'identit&#233;. C'est dans ce mat&#233;riau contemporain de la vid&#233;o que les enjeux critiques, que le contenu de v&#233;rit&#233; de l'&#339;uvre &#233;mergent et peuvent r&#233;sister &#224; l'id&#233;ologie dominante.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Si la modernit&#233; est souvent d&#233;sign&#233;e par l'id&#233;e de la perte du sens, encore faut-il savoir de quel sens il s'agit. En se d&#233;gageant des voies ontologisantes de l'en-soi et des syst&#233;matiques totalisantes et totalisatrices, la modernit&#233; s'est constitu&#233;e en explorant l'autre du sens syst&#233;matique. On peut penser qu'elle poursuit ce travail qui engage l'id&#233;e d'une forme nouvelle de cr&#233;ation de sens. L'esth&#233;tique, interrogeant les formes contemporaines de l'art, peut continuer d'activer ces formes modernes en proposant une pens&#233;e qui serait un processus fragile reposant sur un &#233;cart et ouvrant une pens&#233;e dont le mouvement m&#234;me refuserait l'identit&#233; et l'effectivit&#233; du monde. Cette dynamique critique dont l'enjeu de connaissance et de v&#233;rit&#233; travaille l'incertitude contre l'&#233;vidence ouvrant la pens&#233;e &#224; sa propre alt&#233;rit&#233;, au non-conceptuel dans le concept, appara&#238;t dans le concept d'ironie. En constituant l'ironie comme concept de la modernit&#233;, on peut alors envisager un mouvement de transformation qui constitue le sens dans son d&#233;calage critique. Et l'exp&#233;rience d'&lt;i&gt;Ann Lee&lt;/i&gt; s'inscrit dans cette d&#233;marche d'insoumission r&#233;sistant &#224; l'instantan&#233;it&#233; et au consensus notamment parce que l'ironie est dans le mouvement troublant d'une pens&#233;e en acte qui appelle l'acte de penser de l'autre. C'est dans ce mouvement que se saisit l'&#233;v&#233;nement ironique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dan Graham, &lt;i&gt;Rock My Religion&lt;/i&gt; (1982) in &lt;i&gt;Rock/music Textes&lt;/i&gt;, traduit de l'am&#233;ricain par Sylvie Talabordon, Dijon, Les presses du r&#233;el, 1999, page 85.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emprisonn&#233;e en Angleterre comme sorci&#232;re et partie en Am&#233;rique en second Messie pour y installer &#034;une communaut&#233; utopique fond&#233;e sur l'abstinence sexuelle, l'&#233;galit&#233; stricte entre Homme et Femme, et une &#233;conomie fond&#233;e sur les m&#233;tiers manuels et un syst&#232;me de propri&#233;t&#233; collective&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;, page 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mais l'on voit bien la situation paradoxale et probl&#233;matique d'Ann Lee, ou plus exactement de la production d'une vid&#233;o d'artistes contemporains (Ann Lee n'est pas une entit&#233; autonome mais seulement un espace d'interrogation de nos formes contemporaines d'images et de leur production-reproduction) quand on a pu d&#233;couvrir la participation de la vid&#233;o de Pierre Huygue lors de l'exposition &lt;i&gt;Au-del&#224; du spectacle&lt;/i&gt; (Centre Georges Pompidou, 2000). Il y aurait beaucoup &#224; dire sur la forme et le contenu de cette exposition qui, loin d'&#234;tre dans un &#034;au-del&#224;&#034; (qui aurait form&#233; une sorte d'action debordienne) participe pleinement de cette vaste r&#233;ification de la culture contemporaine par un vidage g&#233;n&#233;ral de l'esprit en le noyant (l'esprit mais aussi les &#339;uvres) dans un ludisme g&#233;n&#233;ralis&#233; qui neutralise les &#233;ventuelles actions critiques de l'art en les pla&#231;ant sur un m&#234;me niveau, dans un m&#234;me espace con&#231;u comme une immense aire de jeu et de surprise (La version am&#233;ricaine de cette exposition ne s'appelait-elle pas &lt;i&gt;Let's Entertain&lt;/i&gt; ? L'ambition de l'exposition y est ici clairement affich&#233;e). Cette n&#233;gation de la libert&#233;, ce r&#233;tr&#233;cissement de la conscience individuelle conduit l'esprit vers une fermeture idiosyncrasique et vers les relativismes qui r&#233;duisent la d&#233;marche r&#233;flexive et critique &#224; leur immobilisation dans un &#034;tout se vaut&#034; et son contraire dans une indiff&#233;rence parfois amus&#233;e que l'on peut appeler le ludisme culturel. C'est en r&#233;alit&#233; une forme de r&#233;gression qu'Adorno nomme &#034;l'irresponsabilit&#233;&#034; en soulignant le leurre et la d&#233;possession dans lesquels l'esprit se soumet en acceptant les mod&#232;les de la culture marchande, sa spectacularisation contemporaine, en en reproduisant &#034;les cat&#233;gories socialement pr&#233;dominantes&#034; (Adorno, &#034;Critique de la culture et soci&#233;t&#233;&#034; (&#233;crit en 1949, publi&#233; en 1951), in &lt;i&gt;Prismes&lt;/i&gt;, traduit de l'allemand par Genevi&#232;ve et Rainer Rochlitz, Paris, Payot, 1986, page 9.)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;la possibilit&#233; de la diff&#233;rence, rabaiss&#233;e au rang de simple vari&#233;t&#233; dans la monotonie des produits offerts, lui est pour ainsi dire interdite &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;. En m&#234;me temps, la libert&#233; apparente a pour effet de rendre incomparablement plus difficile la r&#233;flexion sur la non-libert&#233; qu'elle ne l'&#233;tait dans l'opposition &#224; la non-libert&#233; manifeste, et par l&#224; accentue la d&#233;pendance. Les facteurs joints &#224; la s&#233;lection sociale de ceux qui sont charg&#233;s de repr&#233;senter l'esprit conduisent &#224; sa r&#233;gression. Selon la tendance dominante de la soci&#233;t&#233;, la responsabilit&#233; de l'esprit envers lui-m&#234;me devient une fiction. De sa libert&#233;, il ne d&#233;veloppe que sa dimension n&#233;gative, l'h&#233;ritage de la situation chaotique et monadologique : l'irresponsabilit&#233;.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Adorno, &lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;, page 9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#034;catalogue&#034; gratuit propos&#233; comme seule publication est exemplaire de ce point de vue si l'on consid&#232;re et interroge le statut de ce document : pr&#233;sentation de l'exposition accompagn&#233;e d'articles h&#233;t&#233;roclites ou support publicitaire pour produits de luxe de marques internationales, faisant plus penser aux suppl&#233;ments gratuits de quotidiens tels &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (suppl&#233;ment &#034;style&#034;, sp&#233;cial cr&#233;ation) lors des saisons de mode et leurs d&#233;fil&#233;s (il serait sans doute troublant d'analyser les effets de mise en page, de formats et d'illustrations de magazines de mode sur les publications de l'art contemporain). &lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, la mise en parall&#232;le liminaire dans cette publication, apr&#232;s cinq pages de publicit&#233; et avant deux autres, d'une citation de Walt Disney avec une autre citation de Adorno et Horkheimer n'est-elle pas le signe le plus tangible de cette neutralisation de la pens&#233;e ?).&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir vu dans cette derni&#232;re exposition une sculpture de Takashi Murakami d&#233;tournant un personnage de manga en le sexualisant d'une mani&#232;re caricaturale, on pouvait voir dans une petite salle les interrogations intimistes d'Ann Lee dans la vid&#233;o de Pierre Huyghe. La validit&#233; des questions pos&#233;es reste enti&#232;re. Il s'agit seulement de souligner la fragilit&#233; des conditions de ces interrogations, la possibilit&#233; de les faire r&#233;sonner et fructifier dans l'espace contemporain de leur production et de leur rencontre (Le rapprochement Murakami / Ann Lee &#233;tant essentiellement li&#233; au contexte japonais et au manga, c'est plut&#244;t du c&#244;t&#233; de Paul Mc Carthy, lui-m&#234;me pr&#233;sent dans cette exposition avec notamment une pi&#232;ce interrogeant cette fois les formes caricaturales de la repr&#233;sentation de la sexualit&#233;, qu'il faudrait pousser la critique de la sculpture de Murakami.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce que la virtualisation de l'image semble ignorer : elle serait plut&#244;t du c&#244;t&#233; de la restauration que de l'instauration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le passage de la 2Ddu dessin &#224; la 3D de l'image de synth&#232;se n'est sans doute pas indiff&#233;rent aux changements et &#224; la question de l'identit&#233; d'Ann Lee, parce que la question du mat&#233;riau est un rapport aussi artistique que social et id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Il n'y aura pas de Zone de s&#233;curit&#233;&#034;. C'est aussi une r&#233;f&#233;rence au titre de sa vid&#233;o puisque &#034;Anzen Zone&#034; signifie en japonais &#034;Zone de s&#233;curit&#233;&#034;. Ajoutons pour une premi&#232;re approche de cette vid&#233;o qu'elle repose sur un d&#233;doublement, une forme clon&#233;e d'Ann Lee : deux entit&#233;s finissent par dialogue, l'une en japonais, l'autre en anglais pour finalement n'&#234;tre plus qu'une seule mais paradoxale pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Etait-ce l&#224; l'id&#233;e apocalyptique d&#233;velopp&#233;e par Marie Lechner &#224; propos de la vid&#233;o de Dominique Gonzalez-Foerster dans &#034;Ann Lee, en s&#233;curit&#233;&#034; in Lib&#233;ration, 23/02/2001 ?&lt;br class='autobr' /&gt; &#034;La creuse cr&#233;ature digitale se m&#233;tamorphose en angoissante &#233;missaire apocalyptique.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a pas apocalypse chez Ann Lee selon Dominique Gonzalez-Foerster dans la mesure o&#249; elle ne r&#233;v&#232;le rien, ni n'&#233;nonce aucune fin du monde. Elle ne fait que souligner la r&#233;alit&#233; d'un monde d'images incorporantes et r&#233;ifiantes dans lesquelles nous aveuglons notre conscience. En r&#233;alit&#233;, elle dit l'&#233;tat d'un monde et de ses images. Par ailleurs, Dominique Gonzalez-Foerster souligne elle-m&#234;me le caract&#232;re un peu grandiloquent d'Ann Lee lorsqu'elle dit que &#034;Ann Lee se lance en fait dans un d&#233;lire intellectuel&#034;, lu dans l'interview donn&#233;e par l'artiste sur le site internet du &lt;i&gt;Consortium&lt;/i&gt; &#224; l'occasion de son exposition du 19 mai au 28 juillet 2001 &#224; Dijon. Et c'est sans doute du c&#244;t&#233; de &lt;i&gt;Cosmodrome&lt;/i&gt;, derni&#232;re &#339;uvre de Dominique Gonzalez-Foerster pr&#233;sent&#233;e &#224; Dijon, qu'il faudra chercher un &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse aux propos d'Ann Lee.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Le simulacre inclut en soi le point de vue diff&#233;rentiel&#034;, Deleuze, Gilles, &lt;i&gt;Logique du sens&lt;/i&gt;, Paris, Les Editions de Minuit,1969, page 298.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Inscrire la pr&#233;sence, ce n'est ni la (re)pr&#233;senter, ni la signifier, c'est laisser venir, advenir et survenir ce qui ne se pr&#233;sente que sur la limite o&#249; l'inscription elle-m&#234;me se retire (o&#249; elle s'&lt;i&gt;excrit&lt;/i&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Nancy, Jean-Luc, &lt;i&gt;Une pens&#233;e finie&lt;/i&gt;, Ed. Galil&#233;e, Paris, 1990, page 294.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;[O]utrepasser celle-ci [ la mati&#232;re &#224; m&#233;moire entendu comme instances d'identifications, des formes reconnaissables] et de d&#233;figurer l'ordre de la propagation.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lyotard, Jean-Fran&#231;ois, L'acin&#233;ma, in Cin&#233;ma : th&#233;orie, lectures, textes r&#233;unis et pr&#233;sent&#233;s par Dominique Noguez, Revue d'esth&#233;tique, num&#233;ro sp&#233;cial, Paris, Klincksieck, premi&#232;re &#233;dition 1973, deuxi&#232;me &#233;dition revue et mise &#224; jour 1978 , page 367.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ailleurs &#224; partir de cet &#233;cart, cette d&#233;figuration (sortir de la figure) que l'on pourrait analyser le reus de l'ordre narratif pour &lt;i&gt;Ann Lee&lt;/i&gt;. Sortir de sa figure fictionnelle semble rendre improbable la forme narrative.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lyotard, &lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;, page 362.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;p&#233;tition est fondamentalement pour Lyotard une question de normalisation syst&#233;matique li&#233;e au revenu du capital qui impose le retour au m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire l'objectivation d'une conscience dans l'&#339;uvre dont le mat&#233;riau est un rapport historique, un contenu social et o&#249; se forme la r&#233;sistance critique de cette soci&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le contenu de v&#233;rit&#233; est la solution objective de l'&#233;nigme de toute &#339;uvre particuli&#232;re. En exigeant la solution, l'&#233;nigme renvoie au contenu de v&#233;rit&#233;. Celui-ci ne peut &#234;tre obtenu que par la r&#233;flexion philosophique. Ce dernier point, et aucun autre, justifie l'esth&#233;tique. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Adorno, T. W., &lt;i&gt;Th&#233;orie esth&#233;tique&lt;/i&gt;, traduit de l'allemand par Marc Jimenez et Eliane Kaufholz, nouvelle traduction, nouvelle &#233;dition revue et corrig&#233;e, Paris, Klincksieck, collection d'esth&#233;tique, 1995, page183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Adorno, &lt;i&gt;Dialectique n&#233;gative&lt;/i&gt;, traduit de l'allemand par le groupe de traduction du Coll&#233;ge de philosophie : G&#233;rard Coffin, Jo&#235;lle Masson, Olivier Masson, Alain Renaud et Dagmar Trousson, Paris, Payot, 1992, page 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Ellipse de Pierre Huyghe : espace de l'effrangement.</title>
		<link>https://sebastienrongier.net/spip.php?article354</link>
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		<dc:date>2021-12-01T20:42:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Huyghe, Pierre</dc:subject>
		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>
		<dc:subject>Rongier S&#233;bastien</dc:subject>
		<dc:subject>cin&#233;mati&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Art Pr&#233;sence, num&#233;ro 43, juillet-ao&#251;t-septembre 2002&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Huyghe, Pierre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot171" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;Rongier S&#233;bastien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;cin&#233;mati&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_862 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L360xH480/img_9356_-_copie-dcdf2.jpg?1751018121' width='360' height='480' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour cette deuxi&#232;me collaboration avec &lt;i&gt;Art pr&#233;sence&lt;/i&gt;, un texte sur Pierre Huygue que j'approfondirai ult&#233;rieurement. D'autres textes sur l'artiste contemporain suivront. &#171; L'&lt;i&gt;Ellipse&lt;/i&gt; de Pierre Huyghe : espace de l'effrangement. &#187;, Art Pr&#233;sence, num&#233;ro 43, juillet-ao&#251;t-septembre 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fant&#244;mes au cin&#233;ma.</title>
		<link>https://sebastienrongier.net/spip.php?article358</link>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;revue Bleue, num&#233;ro 5-6, avril 2002&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_861 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/local/cache-vignettes/L360xH480/img_9348_-_copie-64d92.jpg?1751018102' width='360' height='480' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re collaboration pour l'&#233;ph&#233;m&#232;re revue d'Abderahman el Yousfi. On se retrouvait au caf&#233; l'industrie et l'on parlait des heures. Outre un tout premier texte sur les fant&#244;mes qui m'allait ouvrir une br&#232;che infinie, on pouvait &#233;galement lire une s&#233;rie de notes de lectures : Les Naufrag&#233;s de Patrick Declerck et un point sur l'actualit&#233; &#233;ditoriale (2000- 2002) d'Adorno et de Benjamin... on ne se refait pas !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Espace de confusion (sur Eija-Liisa Ahtila, The Wind)</title>
		<link>https://sebastienrongier.net/spip.php?article360</link>
		<guid isPermaLink="true">https://sebastienrongier.net/spip.php?article360</guid>
		<dc:date>2021-12-01T18:40:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Rongier</dc:creator>


		<dc:subject>Ahtila, Eija-Liisa </dc:subject>
		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>
		<dc:subject>Rongier S&#233;bastien</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Mouvement, num&#233;ro 19, novembre-d&#233;cembre 2002&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;2002&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;Ahtila, Eija-Liisa &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot171" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://sebastienrongier.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;Rongier S&#233;bastien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la demande de L&#233;a Gauthier qui travaillait alors pour la revue Mouvement, j'&#233;tais all&#233; voir son exposition &#224; la gallerie Marian Goodman... C'&#233;tait en 2002. &#171; Espace de confusion (sur Eija-Liisa Ahtila, The Wind). &#187;, Mouvement, num&#233;ro 19, novembre-d&#233;cembre 2002. Voici le texte tel qu'il a paru, sans ajout ni modifications.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_860 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://sebastienrongier.net/IMG/jpg/eija-liisa-ahtila-the-wind.jpg?1638383763' width='500' height='266' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Anger and melancholy &lt;br/&gt; Espace de confusion &lt;br/&gt; &lt;strong&gt; &lt;strong&gt;The Wind&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;, Eija-Liisa Ahtila&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; Quand on ne le rapproche pas du cin&#233;ma ou de la t&#233;l&#233;vision, on le renvoie au documentaire, &#224; la photographie ou &#224; l'installation. Or, et c'est ce qu'il y a de passionnant, la vid&#233;o contemporaine est tout cela &#224; la fois sans pour autant se r&#233;soudre &#224; n'&#234;tre qu'une illustration de ces domaines artistiques. L'art vid&#233;o a su conqu&#233;rir une place particuli&#232;re dans les sph&#232;res de l'art contemporain tout en pr&#233;servant un caract&#232;re ind&#233;cidable. Refusant &#233;galement de n'&#234;tre qu'un sympt&#244;me du temps pr&#233;sent conformisant et r&#233;cup&#233;rateur, l'art vid&#233;o trace de nouvelles lignes d'&#233;changes artistiques tout en formulant et en exp&#233;rimentant ses propres enjeux esth&#233;tiques. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Le travail d'Eija-Liisa Athila s'inscrit dans cette dynamique fragile qui refuse l'identit&#233; et l'effectivit&#233; du monde et pr&#233;f&#232;re explorer des formes qui travaillent l'incertitude contre l'&#233;vidence, l'&#233;cart contre l'instantan&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;The Wind / Tuuli &lt;/i&gt;(2002), installation vid&#233;o r&#233;cente de l'artiste finlandaise, permet d'envisager la richesse actuelle et la sp&#233;cificit&#233; de l'art vid&#233;o. Cette installation&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;est compos&#233;e de trois &#233;crans plac&#233;s dans une pi&#232;ce sombre aux murs peints en rouge. Mais que dire de l'histoire ? Que dire des personnes qui traversent ces images ? En d&#233;naturant n&#233;cessairement la complexit&#233; du r&#233;cit, on pourrait avancer l'id&#233;e d'une exploration d'un espace mental, d'un parcours de d&#233;pression &#224; la fois atmosph&#233;rique et int&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Le vent entre dans une chambre et en d&#233;sorganise l'espace. Les objets s'envolent, tombent, se retournent et s'&#233;parpillent.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Une femme parle de ses peurs, de sa col&#232;re, de ses exp&#233;riences malheureuses et de sa rage int&#233;rieure, cliv&#233;e, incapable de sortir. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; On voit un jeune homme repasser les journaux de la jeune femme, Susanna, et refuser ses avances.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; On voit trois jeunes filles traverser l'espace de cet appartement que la jeune femme met syst&#233;matiquement en d&#233;sordre. Mais il semble que ces jeunes filles ne voient ni n'entendent Susanna.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; On voit les objets cass&#233;s, d&#233;coup&#233;s, jet&#233;s, entass&#233;s&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; On voit des images et leur d&#233;bordement.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;The Wind&lt;/i&gt; est une forme troubl&#233;e, remplie d'incertitudes, le triptyque ne permet&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;aucune image globale. Il noue l'image &#224; sa propre pr&#233;carit&#233; : ce qui est montr&#233;, pr&#233;sent, s'efface dans la visibilit&#233;. L'image devient un espace ind&#233;cidable. S'il y a un espace mental, il se traverse dans l'image et dans le son&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt;Il ne se r&#233;duit pas &#224; une forme unique et unilat&#233;rale&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt; Ahtila explore la confusion de l'espace.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Le triptyque &#233;labore le montage en le disjoignant. &lt;i&gt;The Wind &lt;/i&gt;commence comme &lt;i&gt;Psycho &lt;/i&gt;d'Alfred Hitchcock par une m&#234;me approche : de la ville au building-immeuble, de l'immeuble &#224; la fen&#234;tre de la chambre&#8230; Au jeu des citations possibles et (im)probables, &lt;i&gt;Psychose&lt;/i&gt; appara&#238;t pourtant comme une chausse-trappe. Car Ahtila d&#233;borde le terrain &#233;rotique du d&#233;but du film d'Hitchcock pour explorer un autre d&#233;sordre et &#233;laborer une autre forme d'image. L&#224; o&#249; le cin&#233;ma fluidifiait la mise en image par les mouvements d'appareil et le montage, Ahtila, elle, d&#233;compose le montage, le lib&#232;re de son contenu argumentatif, fragmente l'exp&#233;rience du spectateur en bouleversant son espace de perception. {}&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Les trois &#233;crans distribuent chacun un &#233;l&#233;ment de la description de d&#233;part. Dans un premier temps, l'&#233;cran de gauche fait un panoramique sur la ville, tout comme l'&#233;cran central (mais avec un autre angle de prise de vue), alors que l'&#233;cran de droite est constitu&#233; par un travelling marquant l'entr&#233;e dans la ville. Dans un second temps, les plans suivants, pris sous des angles toujours diff&#233;rents, poursuivent cette d&#233;composition par une s&#233;rie de plan fixes : le b&#226;timent sur l'&#233;cran de gauche, une partie de l'immeuble sur l'&#233;cran central et la fen&#234;tre (vue de l'ext&#233;rieur toujours) sur l'&#233;cran de droite. L'op&#233;ration plastique du tryptique qui structure l'installation d&#233;compose le montage et &#233;labore ses formes sp&#233;cifiques de tensions. En ne renvoyant pas l'analyse de l'installation vid&#233;o au r&#233;gime cin&#233;matographique, l'&#233;conomie visuelle propre &#224; ce mat&#233;riau se r&#233;v&#232;le&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;i&gt;The Wind&lt;/i&gt; explore la mise en d&#233;sastre syst&#233;matique d'un espace qui est &#224; la fois psychique, social et esth&#233;tique. Si le rapport de l'espace int&#233;rieur est celui du rangement au d&#233;-rangement, le rapport &#224; l'espace social est plastique et id&#233;ologique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; La jeune femme est une col&#232;re qui s'identifie au vent renversant l'ordre initial de la chambre. Ce qui p&#233;n&#232;tre dans l'appartement, c'est l'incertitude de &#171; l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; &#187;. Principe de mise en d&#233;sordre du r&#233;el comme de la fiction, la jeune femme, face cam&#233;ra, semble se confier au spectateur, introduisant paradoxalement un effet de r&#233;el, lui-m&#234;me mis en cause par l'image. Susanna brise les meuble, casse la vaisselle, le linge, les couvertures, les imprimantes. Ce qui s'&#233;prouve dans cette destruction des objets et ce rapport difficile aux &#234;tres vivants, c'est sa r&#233;bellion et sa rage m&#233;lancolique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos de Susanna dans The Wind : &#034;Then this rebellion starts and then (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce rapport &#224; la destruction produit dans l'espace de l'appartement de petites installations qui rapp&#232;lent&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;les travaux de l'esth&#233;tique du tas ou du rebus (sculptures de cintres, tas de papiers, de v&#234;tements ou d'objets bris&#233;s). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Cet&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;espace de la d&#233;vastation engage le dispositif dans l'&#233;laboration d'happenings sous-tendus par une d&#233;marche critique et esth&#233;tique. Susanna &#233;labore une action, en apparence absurde, qui interroge symboliquement le d&#233;ni de soi tout en critiquant les formes sociales du discours sur le corps et les clich&#233;s de la beaut&#233;. Elle &#233;crase des tubes de rouges &#224; l&#232;vres. L'objet d'une beaut&#233; canonique est m&#233;ticuleusement et syst&#233;matiquement d&#233;truit par Susanna alors que le dispositif des images creuse les tensions de l'espace visuel. Si l'on peut reconstitu&#233; mentalement ou verbalement l'ordre des actions du personnage, aucune discursivit&#233; n'existe dans la vid&#233;o d'Ahtila.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Elle questionne au contraire une impossible lin&#233;arit&#233;, travaillant sur le hoquettement des &#233;v&#232;nements. Le triptyque fonctionne sur un principe de rupture : un des trois &#233;cran montre toujours un espace immobile alors que les deux autres sont dans le mouvement et la destruction. Cette immobilit&#233; n'est pas un point de r&#233;f&#233;rence fixe et stabilisateur (il change d'&#233;cran). Au contraire la tension se redouble par une distribution des images dans le dispositif, tirant constamment le processus dans sa d&#233;liaison. Quand l'acte d'&#233;craser les tubes est montr&#233; sur l'&#233;cran central, il appara&#238;t ensuite sur l'&#233;cran de gauche avec un l&#233;ger d&#233;calage temporel (effet de retour ou d'annonce) : on la voit agissant mais on ne voit plus l'acte d'&#233;craser. Ses chaussures, la planche, les tubes sont d&#233;sormais hors champs, comme &#233;vacu&#233;s de la conscience, pris dans le d&#233;r&#232;glement g&#233;n&#233;ral, le plan fixe du tas laiss&#233; sur le sol&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;venant souligner ce d&#233;r&#232;glement par effet de contraste. Cette immobilit&#233; qui devrait renverser la probl&#233;matique du mouvement rageur en fixe dialectiquement le myst&#232;re (comme la fin le d&#233;finit).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Chaque phase contient ce type d'appui oppositionnel, soit par une mise en abyme de l'image dans celle d'&#224; c&#244;t&#233;, soit par un effet de ralentissement combin&#233; au son&lt;strong&gt;, &lt;/strong&gt;soit par un d&#233;calage du point de vue et de la temporalit&#233;, soit par une une pr&#233;sence dans le m&#234;me plan de diff&#233;rentes temporalit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; La fin de la vid&#233;o synth&#233;tise ces diff&#233;rentes tensions en explicitant presque le myst&#232;re initial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voix off du d&#233;but de The Wind : &#034;Susanna : Where is the draft coming from, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Susanna, d&#233;bord&#233;e par elle-m&#234;me, finit par se r&#233;fugier pr&#232;s du plafond en grimpant sur le mur comme une araign&#233;e. L'&#233;cran central montre Susanna contre le mur flottant au-dessus du sol. L'&#233;cran de gauche op&#232;re un panoramique de gauche &#224; droite dans la chambre alors que l'&#233;cran de droite fait un panoramique de droite &#224; gauche de la m&#234;me. Les deux &#233;crans de c&#244;t&#233;s sont donc dans un mouvement rentrant, un mouvement cliv&#233; sur lui-m&#234;me, constituant un principe d'int&#233;riorisation. Ils montrent &#233;galement une forme singuli&#232;re et vide, &#224; la fois unique et myst&#233;rieuse, s'&#233;vidant dans l'image m&#234;me gr&#226;ce au dispositif, constituant un principe d'incertitude, une confusion.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; Appr&#233;hender &lt;i&gt;The Wind&lt;/i&gt;, c'est concevoir le dispositif propre &#224; l'installation vid&#233;o d'Ahtila. Envisag&#233;e dans son incertitude cat&#233;gorielle, incluant et utilisant d'autres formes sans pour autant leur &#234;tre inf&#233;od&#233;, &lt;i&gt;The Wind&lt;/i&gt; glisse sur les possibles effets de ressemblance pour s'envisager comme mat&#233;riau propre de l'art contemporain. Le monde qui se cr&#233;e est un monde int&#233;rieur qui vibre au d&#233;membrement des formes de l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Propos de Susanna dans &lt;i&gt;The Wind&lt;/i&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Then this rebellion starts and then things somehow start getting out of hand&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;I don't feel anger and melancholy., but I am anger and melancholy&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Alors cette r&#233;bellion commence et ensuite les choses deviennent en quelque sorte incontr&#244;lables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne ressens ni col&#232;re, ni m&#233;lancolie, mais je suis col&#232;re et m&#233;lancolie.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecrit par Eija-Liisa Ahtila.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voix off du d&#233;but de &lt;i&gt;The Wind&lt;/i&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Susanna : Where is the draft coming from, then ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Man : Your imagination. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Susanna : D'o&#249; vient le courant d'air, alors ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Homme : Ton imagination)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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