Théorie des fantômes une présentation

Il aura presque fallu une éternité de fantômes pour arriver à ce livre grâce à l’accueil immédiat et enthousiaste des Belles Lettres. Ce travail accompagne depuis longtemps, et ce livre serait finalement le sommet de l’iceberg d’une réflexion autour de cette question fantomale. Des premiers cours aux longues journées à la BNF, en passant par quelques articles publiés, ce qu’on apprend, c’est qu’un livre n’y suffira pas. Et pourtant, il faut bien tenter un premier geste, ouvrir le terrain autour de la figure du fantôme comme récit de mort et de deuil devant « faire image » et « se faire image » pour se faire entendre.
Parution le 12 février 2016.


Un résumé

Les fantômes sont partout : dans la littérature comme dans le cinéma, dans la photographie comme dans la peinture, dans la philosophie comme dans les sciences, dans la technologie comme dans notre vie psychique. Mais qu’est-ce qu’un fantôme ? L’essai Théorie des fantômes tente d’offrir une réponse à cette question. Le fantôme est certes une figure de la peur, mais se pencher sur les formes de la revenance, c’est apprendre à penser les images et les formes artistiques. Envisager le fantôme comme mode de définition de l’image, c’est revenir aux sources culturelles de l’image (étymologies, formes artistiques, questions esthétiques et philosophiques). Ce parcours permet de penser le fantôme comme enjeu esthétique et comme question anthropologique puisque le fantôme nous place devant une représentation de la mort et un dispositif de mémoire. Qu’est-ce qu’un fantôme ? Réponse qui, passant de Pline à Derrida, de Platon à Spinoza, de Poussin à Hippolyte Bayard, de Homère à Shakespeare, de Hitchcock à M. Night Shyamalan, de Botticelli à Mankiewicz, de Kubrick à Benjamin, d’Aristote à Boccace, de Dante à Oliveira, de Barthes à Alain Cavalier, de Mesmer à Billy Wilder, de Proust au Général Instin, cherche à donner les contours esthétiques du fantomatique et des images en s’appuyant sur de nombreuses analyses œuvres littéraires, artistiques et cinématographiques. Cette hantise de la mort qui traverse les œuvres et la pensée nous permet d’envisager le fantôme comme un acte esthétique fondamental.



une table des matières


Prolégomènes à l’écriture des morts : le vertige de Madeleine

1. Physique des spectres

1.1. De la revenance
1.2. Comment contrarier un mort ?
1.3. Sur l’étymologie
1.4. Penser le fantomal



2. Pour une archéologie des images

2.1. Enter the ghost
2.2. Toucher l’absence
2.3. Eurydice et la catabase d’Orphée



3. Petite philosophie du fantôme

3.1. Retour à la caverne
3.2. Contre l’image
3.3. Voir l’invisible
3.4. De la représentation comme méthode
3.5. Lettre sur les fantômes
3.6. Qu’est-ce que l’hantologie ?



4. Spectralité et anthropologie

4.1. Éléments d’économie fantomatique
4.2. L’invention chrétienne du revenant
4.3. Esthétique du Purgatoire



5. Technologies de l’image

5.1. Chimie du temps
5.2. Ce qu’il reste d’un mort
5.3. Le dernier portrait
5.4. Sur le deuil
5.5. Parapsychisme et photographie



6. Esthétique cinéfantographique

6.1. Le corps fantomal du cinéma
6.2. Primauté de la voix
6.3. L’apparition impossible
6.4. Le théorème du fantôme
6.5. De la hantise
6.6. Fantasy numérique



7. Coda : Général Instin ou envahir le monde

Envoi
Remerciements
Bibliographie





Sébastien Rongier - 25 octobre 2015